Les enseignants grévistes sont toujours sur pied de guerre dans les départements de l’Ouémé et du Plateau. Dans les lycées et collègues en passant par les écoles maternelles et primaires, le ton est au durcissement, nonobstant les menaces de radiation que brandit le gouvernement.

Les enseignants de l’Ouémé et du Plateau étaient en assemblée générale extraordinaire, ce lundi 5 mars à l’école urbaine centre de Porto-Novo. Cette rencontre a été convoquée pour apprécier les différentes notes de service prises par leurs ministres de tutelle les invitant à la reprise des classes. Les absents seront considérés comme ayant abandonné leurs postes et seront purement et simplement radiés de l’effectif des agents de la Fonction publique, ont souligné les deux ministres.
L’assemblée générale extraordinaire qualifie cette mesure du gouvernement d'intimidations et de provocation. Les enseignants se disent plus que jamais déterminés pour poursuivre la grève. Et cela, d’autant que le gouvernement serait disqualifié d’abord pour déclarer la grève illégale et ensuite pour chercher à radier les grévistes. « C’est une première depuis le Renouveau démocratique au Bénin que jusqu’ici les salaires ne soient pas payés aux travailleurs. Le gouvernement nous a affamés et nous interdit d’aller en grève sous peine de renvoi. C’est impossible », dénonce Joseph Aïmassè, président du comité des luttes de l’Ouémé et du Plateau.
Très fâchés, les enseignants ont marché des lieux de l’assemblée générale extraordinaire pour se rendre à la direction des Enseignements maternel et primaire de l’Ouémé et à la direction départementale chargée de l’Enseignement secondaire de l’Ouémé. Ils ont crié leur ras-le-bol aux deux autorités et exigé la satisfaction de leurs revendications. Selon Joseph Aïmassè, le paiement des salaires n’est pas la condition sine qua non pour la reprise des cours. « La rétrocession des salaires confisqués doit être accompagnée de dommages-intérêts », poursuit-il avant d’informer que certains de ses camarades travailleurs ou leurs enfants ont perdu la vie à l’hôpital faute d’argent pour faire face aux soins.
Les enseignants annoncent un sit-in géant, ce mardi 6 mars, pour manifester leur colère et réitérer leur détermination à poursuivre la grève tant que le gouvernement continue de faire la sourde oreille à leurs revendications, relève Joseph Aïmassè. Ces revendications sont d’ordre général et concernent les questions de libertés et les questions d’indexation du salaire. « Au moment où on paye 5 millions F Cfa comme salaire au préfet, il faut qu’on donne mensuellement le dixième soit 500 cent mille au moins aux enseignants », exige le président du comité des luttes des départements de l’Ouémé et du Plateau?

Évaluer cet élément
(3 Votes)
Lu 1344 fois