Le médiateur de la République, Joseph Gnonlonfoun, met à l’épreuve ses techniques en matière de médiation pour tenter de faire fumer le calumet de la paix, aux protagonistes de la crise autour de Wèmèxwé.

Une lueur d’espoir jaillit sur la crise au sein de l’association Wémèxwé. Et pour cause ! Le médiateur de la République a décidé d’offrir ses bons offices pour le règlement des différends à l’interne de ce creuset des filles et fils de la Vallée de l’Ouémé. Bien que ce ne soit pas de ses prérogatives constitutionnelles, Joseph Gnonlonfoun s’est autosaisi de la crise et a invité, ce mardi 6 février, les deux camps au siège de son institution à Porto-Novo.
L’aile du comité intercommunal de l’organisation de cette fête identitaire est conduite par le coordonnateur général Antoine Bonou et celle du collectif des six assignés dissidents par son président, Wassi Yessoufou. Les discussions ont duré six heures d’horloge. Rien n’a filtré de la rencontre qui s’est tenue à huis clos, loin des micros et des caméras.
Selon des informations recoupées, la rencontre aurait permis aux deux camps de se parler et de se vider. Toutes les questions de fond qui fâchent auraient été mises sur la table et décortiquées une à une. Certaines auraient même fait l’objet d’accord entre les parties et d’autres en instance de mûrissement pour l’obtention du consensus. Un projet de protocole d’accord aurait sanctionné les assises d’hier. Lequel protocole est soumis actuellement à l’amendement de chacune des parties avant son adoption. Les deux protagonistes de la crise se retrouvent demain, jeudi 8 février, toujours sous l’égide du médiateur de la République, pour approfondir les échanges devant conduire à la signature du document d’accord.
Au regard de la bonne mine qu’affichaient les uns et des autres, hier à la sortie du cabinet du médiateur de la République, l’on peut affirmer sans risque de se tromper que la porte de sortie de cette crise n’est plus loin. Et ce sera à l’actif des deux camps et surtout du médiateur de la République qui aurait vu juste en s’invitant dans la résolution du différend au sein de cette association qui organise chaque année, la fête identitaire des natifs de la région Wémè.
Cette fête de retrouvailles, faut-il le rappeler, a du plomb dans l’aile depuis l’édition de 2017, la huitième, où il y a eu grave désaccord entre la coordination générale et certaines filles et fils de la Vallée de l’Ouémé. Ces derniers ont confectionné et mis en vente un tissu autre que celui commandé par le camp originel pour la fête. Un bras de fer judiciaire s’en est suivi. Le juge des référés du tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo avait rendu une ordonnance pour suspendre l’organisation de la fête jusqu’à nouvel ordre pour risque de trouble à l'ordre  public. Il a par ailleurs invité les deux parties à la réconciliation avant la levée de cette ordonnance. Au finish, l’édition 2017 de cette fête n’a pu avoir lieu. Mais cette crise qu’on croyait terminée en 2017, a resurgi cette année depuis que la coordination générale a relancé les préparatifs de la neuvième édition de cette fête prévue pour se tenir du 21 au 25 février prochain à Adjohoun. Ce que ne voient pas toujours d’un bon œil, les dissidents qui ont saisi, le 1er février dernier, le président du tribunal de Porto-Novo, pour que soit respectée l’autorité de l’ordonnance de 2017 pour surseoir à l’organisation de l’édition de cette année. Les deux camps se regardent en chiens de faïence depuis le 1er février dernier. Soucieux de la paix et de la cohésion au sein du peuple Wémè, le médiateur de la République a décidé de faire œuvre utile en ramenant les deux parties autour d’une table de négociation?

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