Les Espaces enfance (Ee) favorisent l’accès à la scolarisation des filles commises au rôle de baby-sitter. Blandine A. en est un témoignage vivant.

« Je rêve de devenir docteur en médecine pour aider mes frères et sœurs malades, notamment ceux qui sont dans des situations difficiles », confie Blandine A. Cette adolescente de 15 ans, déscolarisée jusqu’à un passé récent, a désormais toutes les cartes en main pour réaliser son rêve ; elle qui était commise à la garde de ses frères et sœurs à la maison.
Depuis l’ouverture de l’Espace enfance à Folly, un petit village de la commune de Zakpota (137 km de Cotonou), par l’Unicef, le statut de Blandine a évolué. Elle est déchargée de son rôle de garde-enfants et se scolarise comme tous les enfants de son âge. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle salue la mise en place de l’Espace enfance au profit des enfants de 3 à 4 ans.
« Avant la mise en place de l’espace enfance, quand je voyais mes amis aller à l’école, je pleurais d’être privée de cette chance. En effet, je devais rester à la maison pour m’occuper de mes frères et sœurs », témoigne-t-elle.
Avec l’avènement de l’Espace enfance qui accueille, entre autres, les enfants dont elle avait la garde, Blandine aborde la vie avec plus d’assurance. En évoquant les bienfaits de l’initiative de l’approche communautaire de préscolarisation de l’Unicef, elle affiche plutôt un air décontracté et laisse apparaitre le bonheur qui l’envahit.
« Au-delà de la scolarisation de mes frères et sœurs, l’installation de l’Espace enfance me permet aussi de goûter aux délices de l’école », se réjouit-elle. Finies donc ses jérémiades ! Finies également les taquineries et moqueries de ses amis qui la prenaient pour une analphabète.
Même si elle a repris l’école après une pause de trois années hors de l’école, les performances de Blandine en classe traduisent bien son désir de réussir. « Je veux devenir un bon cadre », affirme-t-elle avec conviction.
Depuis qu’elle a renoué avec les bancs en classe de Ce 1, la petite Blandine n’a jamais redoublé une classe, selon les témoignages de ses parents et de ses enseignants. D’ailleurs, en classe de Cm 2, elle envisage avec certitude de réussir avec brio au Certificat d’études primaires (Cep) afin de poursuivre ses études secondaires, voire supérieures.
Si Blandine a pu gravir ses échelons, c’est grâce à la clairvoyance de l’institution onusienne qui a installé un Espace enfance à Folly, commune de Zâ-Kpota au sud du Bénin, afin de permettre aux enfants en âge d’être préscolarisés de recevoir des services d’éveil et de stimulation pour leur développement holistique et pour leur préparation à une éducation primaire de qualité.Une initiative qui libère également les filles privées de la scolarisation pour jouer le rôle de gardienne d’enfants dans leurs familles.
« Blandine a commencé l’école à l’âge de 10 ans parce qu’il n’y avait pas d’autres possibilités. En tant qu’aînée, elle devrait rester à la maison pour s’occuper de ses jeunes frères », explique sa mère Hortense Assianmè pour justifier le retard de la scolarisation de l’adolescente.
Le souhait de la communauté de Folly est que les Espaces enfance soient répandus dans tout le Bénin au regard de ses avantages et bienfaits pour les bénéficiaires et pour toutes les communautés à la basen

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