« Médias et vulgarisation des outils de gestion environnementale à Cotonou au Bénin ». C’est le thème qu’a défendu Patrick Léandre Adjamonsi, samedi 27 janvier, à l’Ecole doctorale pluridisciplinaire de l’Université d’Abomey-Calavi, dans le cadre de sa soutenance de thèse de doctorat en gestion de l’environnement. Le jury de cinq membres présidé par Christophe Houssou a apprécié la qualité du mémoire en lui attribuant la mention très honorable avec les félicitations du jury.

Les médias jouent-ils un rôle dans la vulgarisation des outils de gestion de l’environnement en vue d’un développement urbain durable à Cotonou? Dans le cadre de sa soutenance de thèse de doctorat en gestion de l’environnement, Patrick Léandre Adjamonsi a démontré que, dans la ville de Cotonou, le péril environnemental demeure encore une réalité en dépit des sensibilisations et des efforts d’assainissement de la ville. Il part du constat selon lequel l’information environnementale peine à trouver sa place au niveau des médias alors que depuis 1992, la Conférence des Nations Unies pour l’environnement et le développement a préconisé que les Etats en fassent une priorité. Selon lui, les populations béninoises semblent peu préoccupées par la dégradation de l’environnement en raison du faible niveau d’implication des médias.
Analysant le niveau de connaissance des habitants de Cotonou sur la gestion des outils de l’environnement, il souligne qu’ils ne sont pas bien informés de leur existence à cause de l’absence d’une politique de communication adéquate. Ces outils englobent les instruments de politique de planification et de prévention, les conventions internationales,souligne-t-il.
Relativement au niveau d’implication des médias dans la vulgarisation des outils de gestion environnementale, l’impétrant s’attarde sur la fréquence des émissions relatives aux questions environnementales dans la presse. Il en déduit que la plupart des émissions ou reportages qui y sont consacrés relèvent rarement de l’initiative des rédactions, si ce ne sont des publi-reportages.
Au nombre des difficultés et contraintes liées à la vulgarisation des outils de gestion environnementale par les médias, il relève les contraintes socioculturelles, économiques, technologiques, juridiques et la faible spécialisation des médias dans le domaine de l’environnement. Il lie également la situation à l’absence de relation entre les médias et les structures chargées de l’environnement.

Suggestions

Entre autres mécanismes d’implication des médias dans la politique de vulgarisation des outils de gestion de l’environnement, le nouveau docteur de l’Université d’Abomey-Calavi suggère des outils de gestion par la communication, des stratégies et pratiques pour une meilleure prise de conscience environnementale, la création d’une Agence nationale pour la communication environnementale (Ance). L’objectif de l’Ance, dévoile-t-il, sera de contribuer à la mise en place d’une culture environnementale citoyenne. Sa mission sera d’assurer une large diffusion d’informations environnementales fiables auprès du public.
Pour impliquer davantage les médias aux défis environnementaux, le candidat suggère également le passage de la communication traditionnelle à la communication innovante. Celle capable d’associer la distraction à l’information, l’humour à l’information et à l’éducation.
A travers son mémoire élaboré en 250 pages, subdivisé en six chapitres, la préoccupation de Patrick Adjamonsi est de faire en sorte que les médias s’intéressent davantage à la question de l’environnement en vue d’un développement urbain durable à Cotonou.
Au bout de trois heures et demie d’explications et de démonstrations devant le jury, les nombreux sacrifices qu’il a consentis pendant les cinq années de recherches n’ont été qu’un vieux souvenir.
« Le sujet que vous avez développé est intéressant. Il est très utile dans la problématique environnementale. Le jury l’accepte et vous invite à lire tous les mémoires rédigés sur Cotonou en vue de parfaire le travail. Vous devenez docteur de l’Université d’Abomey-Calavi avec la mention très honorable avec les félicitations du jury », déclare le président du jury, Christophe Houssou.
Visiblement satisfait de la délibération, le candidat promet de tenir compte des remarques et suggestions en vue d’améliorer la qualité du document.
Sa grande satisfaction sera sans doute de voir les fruits de ses recherches profiter pleinement à la résolution des problèmes environnementaux à Cotonou n

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