Un homme criblé de balles a été retrouvé tôt ce dimanche 21 janvier dans le village de Kpakpassa, arrondissement d’Atchonsa, commune de Bonou. L’homme qui répondait au nom de Nestor Somonyè, âgé de 55 ans, avait disparu depuis la veille, alors qu’il est allé au champ.

L’alerte de sa disparition a été donnée aux autorités locales dans la soirée du samedi par ses parents. Selon les hypothèses, le cultivateur se serait retrouvé nez à nez avec des transhumants peuhls qui séjournent dans la zone depuis quelques jours, malgré qu’il était annoncé, en Conseil des ministres, qu’ils ne devraient pas dépasser la latitude de la commune de Dassa-Zoumè cette année.
L’arrivée des troupeaux est interdite vers la région méridionale où les dégâts humains sont plus graves au vu des expériences des années passées. Leur apparition, depuis la semaine dernière dans la vallée de l’Ouémé, a surpris plus d’un dans la localité, souligne Marcellin Dougbé, chef d’arrondissement d’Atchonsa. Il renseigne que les forces de sécurité ont été saisies, vendredi dernier et ont repoussé les troupeaux de bœufs.
Depuis l’annonce des bouviers, c’est la psychose générale au sein de la population en majorité agricole qui a vécu par le passé des atrocités dans les affrontements entre agriculteurs et éleveurs transhumants. En effet, en 2016, l’on a dénombré des destructions importantes de cultures, de greniers de vivres, d’animaux, des trous à poissons ainsi que des blessés et au moins six morts. En 2015, des ossements d’un homme porté disparu un an plus tôt, ont été découverts dans la commune. Il n’a été identifié que grâce aux habits qu’il portait.
C’est le branle-bas dans les rangs des Unions communales des producteurs, des maraîchers, des riziculteurs d’Adjohoun et de Bonou. Ces dernières ont sollicité, il y a quelques mois, la révision de l’arrêté interministériel Année 2017 n°021/MAEP/MISP/MDGL/DC/SGM/DE/SA/021SGG17 portant sécurisation des aires de pâturage, infrastructures et couloirs de passage aménagés pour la transhumance en date du 23 mai 2017. Pour eux, cet arrêté qui préconisait le balisage de 1000 km de couloir de passage pour la transhumance et l’aménagement de 10 000 hectares de parcours dans une quinzaine de communes du Bénin dont celles de la vallée de l’Ouémé, constitue une « violation notoire » de la loi n°87-013 du 21 septembre 1987 portant réglementation de la vaine pâture, de la garde des animaux domestiques et de la transhumance?
Claude Urbain PLAGBETO

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