Le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty, le préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, et le maire d’Abomey-Calavi, Georges Bada, ont tenu une séance d’échanges avec les présumés propriétaires du site de l’aéroport de Glo-Djigbé. Objectif, les informer des modalités de dédommagement du périmètre aéroportuaire et les sensibiliser à accompagner l’initiative.

Les travaux de construction de l’aéroport international de Glo-Djigbé sont imminents. C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre qu’ont eue, hier, le ministre des Infrastructures et des Transports, Cyr Koty et les élus locaux du domaine concerné. Elle est axée sur les dispositions relatives au démarrage des travaux d’expropriation et de dédommagement des personnes affectées par la construction de l’aéroport. Le ministre y est allé comme un messager de la bonne nouvelle.
« Par rapport aux questions de déguerpissement du site, toutes les dispositions nécessaires sont prises afin que les personnes concernées soient convenablement dédommagées. L’expropriation n’aura aucune conséquence négative sur les personnes affectées », assure-t-il. Il souligne également les démarches déjà entreprises par le gouvernement pour dédommager les présumés propriétaires terriens. « Les structures compétentes ont reçu des instructions du gouvernement afin que toutes les préoccupations soient recensées. Il en est de même des ressources financières, techniques et humaines qui sont déjà mobilisés», poursuit-il. Ces assurances du ministre des Infrastructures et des Transports ont visiblement convaincu certains élus locaux qui saluent le pragmatisme du gouvernement. Conscients du fait que le retard des travaux de construction de l’aéroport a longtemps arriéré la localité, ils ont promis de jouer leur partition en vue de rendre effectif leur démarrage.
Au total, le gouvernement a consacré environ 10 milliards F Cfa au profit du dédommagement des présumés propriétaires, explique le directeur de l’Autorité du développement du périmètre de Glo-Djigbé (Adpg), Armand Agbo.

Avantages du projet

La rencontre a également permis aux autorités à divers niveaux d’évoquer les enjeux du projet. Selon le maire d’Abomey-Calavi, Georges Bada, la construction de cette infrastructure aura un avantage certain sur la ville et le pays. «La construction de cet aéroport va révéler notre commune et notre pays à l’Afrique et au monde». Une fois les travaux achevés, il donnera de la visibilité non seulement à la zone qui va l’abriter, mais contribuera aussi au rayonnement du Bénin à l’échelle africaine.
Mieux, ajoute le préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, l’aéroport de Glo-Djigbé générera des emplois et apportera un changement qualitatif macroéconomique au plan socioculturel, politique...
Mais pour que ce joyau jaillisse de terre, il faudra l’engagement et l’accompagnement de tous. C’est en cela que le maire d’Abomey-Calavi exhorte les populations à consentir des sacrifices. « Il est impossible d’avoir de bonnes choses sans sacrifice», lance-t-il.
Le projet de construction de l’aéroport de Glo-Djigbé date d’environ quarante ans. Sa construction est longtemps restée un vœu pieux sous les différents régimes successifs. Aujourd’hui, il représente un challenge pour le Nouveau départ. C’est ce qui justifie la fierté du préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, qui salue l’intelligence et le pragmatisme du président de la République Patrice Talon qui l’a pris à bras-le-corps. « Avec le chef de l’Etat, la construction de cet aéroport sera une réalité. D’ici quelques années, nous allons nous réjouir de sa réalisation concrète », assure-t-il, insistant sur l’engagement citoyen et la solidarité nationale pour son achèvement.

Quid de la valeur des terres ?

Le dédommagement des présumés propriétaires terriens dans le cadre de la construction de l’aéroport de Glo-Djigbé sera bientôt une réalité. Au cours de la rencontre d’hier, le prix du mètre carré par zone a été annoncé. Les montants des indemnités de dédommagement des périmètres des personnes affectées passent de 2500 F Cfa à 75 F Cfa, répartis sur des zones retenues suite à une étude commise par le cabinet Eco Plan, explique le gestionnaire du domaine de l’Etat, représentant du directeur général de l’Agence nationale du domaine et du foncier (Andf), Karimou Lafia Yarou. Ces montants concernent un domaine de 3028 hectares identifié pour abriter l’infrastructure.
Après cette phase, suivra celle de la prise en compte des réclamations des présumés propriétaires sur lesquelles la commission en charge des travaux d’expropriation se penchera. Les cas qui ne trouveront pas satisfaction auprès de ladite commission seront portés au niveau de la justice en vue des procédures judiciaires, développe-t-il. Selon lui, aucun présumé propriétaire terrien ne sera lésé dans le processus de dédommagement. Même assurance en ce qui concerne les plantations des noyaux villageois et des personnes vulnérables. Un domaine de 150 hectares est prévu à leur profit afin de leur permettre de poursuivre les activités agricoles.
Toutefois, les élus locaux semblent être un peu déçus des montants de dédommagement annoncés. « Ça étonne lorsqu’on évoque ces prix dans le périmètre de Glo-Djigbé. Ces nouveaux prix n’ont rien à voir avec ceux que nous avions communiqués au gouvernement. Nous allons rendre compte à nos administrés qui vont les apprécier», explique Abel Koucoï, président de l’Association intercommunale des propriétaires et acquéreurs de parcelles dans le domaine de l’aéroport de Glo-Djigbé (Assiprotap).

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