La grève générale annoncée dans divers secteurs de l’administration publique par les centrales et confédérations syndicales est largement suivie dans la ville de Cotonou.

Bureaux hermétiquement fermés à la cour d’appel de Cotonou, au tribunal de première instance de première classe de Cotonou ; cours d’écoles primaires publiques désertes avec des salles de classes fermées à Gbégamey Sud, Gbégamey Nord et au complexe scolaire de Cadjèhoun; centres de santé peu opérationnels ... C’est le constat fait, ce mardi, premier jour de la grève annoncée par les centrales et confédérations syndicales.
Le mot d’ordre de grève lancé par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab), les centrales et confédérations syndicales et les agents de santé est largement suivi dans les secteurs ciblés dans la ville de Cotonou.
Selon le chef de la Région pédagogique n°28, Codjo Camille Tchiakpè, le mouvement de grève dans les écoles primaires publiques de sa zone pédagogique a été largement suivi. Une descente dans les différentes écoles de la zone, dit-il, a permis de constater que toutes les salles de classe sont fermées. Seulement, ce qui est heureux, se réjouit-il, c’est la présence des directeurs d’école qui sont à la fois administratifs et pédagogiques pour faire le point exhaustif des enseignants qui ont observé le mot d’ordre de grève.
En tant qu’autorité d’une zone pédagogique, Codjo Camille Tchiakpè conseille aux syndicats de continuer à faire les négociations avec le gouvernement. Car, ceux qui sont victimes de ces mouvements, ce sont les enfants. « Ils sont à la maison et ce n’est pas bien pour nous », regrette-t-il. Pour lui, seul le dialogue peut amener à trouver une solution aux problèmes pour le bien-être et le bonheur des apprenants.
Si le chef de la Région pédagogique n°28 ne maîtrise pas les raisons qui ont poussé les enseignants des écoles primaires publiques à aller en grève de soixante-douze heures, Rachidi Salaou, enseignant à l’Ecole primaire publique de Gbégamey 1/A, estime qu’elles sont simples. « A voir ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale récemment pour que les députés votent une loi pour retirer le droit de grève à certains agents de l’Etat, étant fonctionnaires, on ne peut que les soutenir », indique-t-il. Pour lui, ce qui est arrivé aux autres fonctionnaires dont on a retiré le droit de grève peut leur arriver. Il rappelle que des rumeurs avaient déjà couru comme quoi, le droit de grève serait retiré à certaines catégories d’agents de l’Etat. «Ce qui était une rumeur est devenu une réalité aujourd’hui», souligne-t-il.

« Que cela cesse ! »

Pour Rachidi Salaou, le mode de fonctionnement de l’actuel président de la République ne leur inspire pas confiance. « Il avait commencé avec la fermeture de la Sonapra, de l’Onasa et de l’Ons, nous n’avons rien dit et il a continué à foncer », regrette-t-il avant de rappeler qu’un de ses ministres avait déjà annoncé que le gouvernement va diriger «avec la ruse et la rage». « Que cela cesse !», se révolte-t-il, affirmant qu’on leur a déjà filé que le droit de grève sera retiré aux enseignants pendant les vacances. C’est pourquoi, les enseignants ont décidé d’accompagner les autres fonctionnaires qui sont aujourd’hui dans le cas pour avertir le gouvernement. « Nous avons des revendications qui sont là depuis les années antérieures et qui ne sont pas encore satisfaites», rappelle-t-il, pour dire que c’est une occasion pour revenir sur les revendications des enseignants.
La grève entamée ce mardi par les enseignants des écoles primaires publiques est une grève d’avertissement de soixante-douze heures. Elle prend fin demain jeudi. Et un point sera fait le lendemain vendredi au cours d’une assemblée générale pour voir s’il faut continuer ou pas, selon la réaction des gouvernants.
En ce qui concerne l’enseignement secondaire, Rachidi Salaou informe que s’il y a des collèges dans lesquels les enseignants ne sont pas en grève, c’est parce que les élèves desdits collèges ont démarré les devoirs depuis lundi dernier. Et ne pouvant pas laisser lesdits devoirs, ces enseignants ont décidé d’en finir avant de rentrer dans le mouvement.
Du côté des agents de la santé, la grève n’a pas été suivie à 100 % comme souhaitée. Selon le porte-parole du collectif des syndicats des agents de la santé, Adolphe Houssou, joint au téléphone alors qu’il est à Porto-Novo, si on observe qu’il y a des agents qui travaillent dans des centres de santé, c’est parce que le collectif a accepté le principe de la réquisition, selon la loi, afin de permettre un service minimum. Dans tous les cas, le mouvement de grève, se réjouit-il, a été largement suivi partout. Et le point des jours prochains leur permettra de savoir quelle conduite tenir.

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