A Sô-Ava, une cité lacustre, les enfants victimes de violences et de discrimination bénéficient de l’attention soutenue du Centre de promotion sociale (Cps), une structure déconcentrée du ministère en charge des Affaires sociales au niveau communal, dont l’Unicef est un partenaire privilégié.

Yédo est une petite fille de parents indigents. Ils vivent à Vekky, arrondissement de Sô-Ava (une commune lacustre située au sud du Bénin) dans des conditions de vie extrêmement difficiles. La famille manque de tout, même du minimum pour assurer les trois repas quotidiens.
Son père, qui subit le poids de l’âge, n’arrive plus à mener correctement ses activités de pêche. Sa mère, précédemment balayeuse à Cotonou, a dû abandonner son travail, après avoir été secouée par une longue maladie. Elle a épuisé toutes ses économies dans des dépenses sanitaires.
L’horizon semblait totalement incertain pour elle, quand une lueur d’espoir s’est pointée : le Centre de promotion sociale de Sô-Ava est allé à son chevet pour des assistances sanitaires, alimentaires et financières, grâce à l’appui de l’Unicef. « Si je n’avais pas bénéficié de ces appuis, ma petite fille aurait déjà rendu l’âme », témoigne la mère de Yédo. Pour l’heure, aucun de ses cinq enfants n’est scolarisé. Les moyens pour les envoyer à l’école sont inexistants. Mais le Centre de promotion sociale veille au grain pour changer la donne.
Dans la cité lacustre de Sô-Ava, les cas de vulnérabilité sont légion et constituent le lot quotidien des acteurs de protection des droits de l’enfant.
Victime de viol, Larissa se remet de ses blessures psychologiques, morales et sexuelles grâce au secours du Centre de promotion sociale. C’est la voix chargée d’émotion qu’elle raconte sa mésaventure. Alors qu’elle vendait de l’arachide grillée dans son quartier, elle a été piégée par un homme et abusée sexuellement. Présentement, elle suit une formation en couture grâce à l’accompagnement du Cps qui assure les frais y afférents. Elle entrevoit l’avenir avec assurance et se dit heureuse de se retrouver en apprentissage.

Regard bienveillant

L’existence du Centre de promotion sociale est un atout indéniable du système de protection de l’enfant. Le centre travaille à redonner espoir et joie de vivre aux enfants vulnérables et victimes d’abus, grâce à l’appui de l’Unicef. Le Cps assure leur prise en charge scolaire, sanitaire et alimentaire suivant chaque cas. Le centre accompagne également certaines familles pour la promotion des activités génératrices de revenus.
« Avec l’aide financière de l’Unicef, le Centre de promotion sociale prend en charge les frais de scolarité et d’autres frais annexes liés à la scolarisation des orphelins et des enfants vulnérables (Oev). Il en est de même pour les familles indigentes qui n’arrivent pas à subvenir aux besoins de leurs enfants. Quant aux enfants malnutris dont les parents n’arrivent pas à assurer la prise en charge sanitaire et alimentaire, le centre leur vient également au secours», explique le responsable Cps, Florentine Djossou Gantin.
Au nombre des orphelins et enfants vulnérables, nous avons croisé Lolo qui s’est présenté au Cps pour percevoir son argent de poche mensuel. Depuis 2016, cet élève en classe de 4e bénéficie de l’accompagnement du Cps. A chaque rentrée des classes, une assistance scolaire lui est accordée. L’adolescent de 15 ans est visiblement comblé de l’attention du Cps à son endroit.
Manuella, quant à elle, n’a pas la chance de fréquenter. Mais elle n’en fait pas un gros souci, car persuadée qu’on peut bien gagner sa vie par une formation professionnelle artisanale. Depuis 2016, le Cps lui assure les frais de formation en couture.

Suivi permanent

La cité lacustre semble être un nid d’enfants en situation difficile. A mesure que les situations de vulnérabilité sont réglées dans la commune, se signalent d’autres cas. Ici, les dossiers concernant les questions de vulnérabilité de tout genre se gèrent sans répit. La mission du Cps est d’assurer la prise en charge des enfants abandonnés, victimes de violence, de mariages forcés et précoces ou ceux soumis à l’exploitation économique, de même que ceux dont les droits sont bafoués.
En moyenne une centaine de cas d’abus sur mineures ou de violence sont traités par le Cps par trimestre. En dépit des efforts du centre, les cas de violences et de vulnérabilité ne baissent pas encore. La responsable Cps salue tout de même la fréquence des dénonciations des actes de violence dans la commune.
« Depuis les dialogues communautaires, les gens savent qu’il faut se plaindre au Cps ou à la gendarmerie de la localité. Une démarche non évidente par le passé », souligne-t-elle.
Ici, le centre accompli un véritable travail à la chaîne. Le suivi est permanent. Dès qu’il est saisi des cas d’abus ou de vulnérabilité enregistrés, le Cps procède à l’écoute et à l’orientation vers les centres de santé en vue de la prise en charge sanitaire en cas de nécessité, ou encore oriente les cas vers la gendarmerie, selon leur gravité. Ensuite, il veille au suivi des dossiers.
Aux indigents, la structure apporte généralement un appui sanitaire et alimentaire. Ce soutien, dans certains cas, peut déboucher sur un accompagnement financier des adolescentes pour des formations professionnelles artisanales.
Dans sa mission d’assistance et de secours, l’Unicef est un partenaire stratégique du Cps. « C’est grâce à l’appui financier de l’Unicef que nous arrivons à toucher le plus grand nombre de cibles. Ce que l’Etat nous donne est insuffisant par rapport aux différents problèmes auxquels nous faisons face », souligne Florentine Djossou Gantin.
Pour permettre au centre d’accroître ses performances, elle plaide en faveur des formations au profit de ses collaborateurs et de l’augmentation de l’enveloppe financière par le partenaire. Car, insiste-t-elle, les nobles ambitions du centre se heurtent parfois au manque de moyens. « Le centre attend davantage de moyens pour répondre aux diverses sollicitations des populations », indique-t-elle. Elle tourne son regard vers le ministère en charge des Affaires sociales et ses partenaires techniques et financiers pour d’autres appuis conséquents au profit des enfants et des populations vulnérables de la commune?

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