Face aux grèves perlées que l’on observe depuis la suppression, le 28 décembre 2017, par l’Assemblée nationale, du droit de grève aux agents de santé, de la justice et de la sécurité, le Réseau Ouest Africain pour l’Edification de la Paix (WANEP-Bénin) s’est fendu d’une déclaration pour inviter les différentes parties au dialogue.

A travers une déclaration signée du président de son Conseil d’administration, Emmanuel Kancou Ogou, le réseau WANEP-Bénin souligne que ‘’Les suppressions de droit de grève constituent une solution facile mais contreproductive pour le dialogue social et la paix’’.

« Il est vrai que les mouvements de grève dans leurs fréquences, durées et secteurs touchés créent d’énormes préjudices aux populations et à l’économie nationale surtout que des grèves sont intervenues sans que l’on ait épuisé toutes les voies de dialogue et de négociation. Mais, il n’est pas moins vrai que sans les grèves d’hier, les conditions de vie et de travail seraient plus misérables dans le pays du fait de la mal gouvernance, des détournements, de la corruption... Les quelques initiatives de meilleures redistributions des ressources du pays ont été les fruits de mouvements de grève réussis ou de menaces de grève quand le dialogue et les négociations deviennent infructueux dans un contexte où de nombreux accords sont restés non exécutés. Le droit de grève est un acquis de la conférence nationale des forces vives de la nation consolidé par la Constitution béninoise de 1990 en son article 31 », lit-on à travers la déclaration.

Au regard de tout ceci, le réseau WANEP-Bénin appelle, d’une part, Le Gouvernement à ouvrir/maintenir le dialogue avec les acteurs sociaux des différents « secteurs sensibles » concernés pour trouver les solutions pour le renforcement du dialogue social et aux accords qui en découlent avant toute initiative d’encadrement du droit de grève ; les députés à l’Assemblée Nationale à envisager une relecture des articles à polémiques des différents textes de lois tout en tirant la leçon de la nécessité d’une consultation préalable des parties concernées aux fins de solutions idoines et d’autre part, les acteurs sociaux à prendre la mesure, dans le contexte béninois, de l’urgent impératif de concilier le droit de grève et la nécessité d’assurer un service public continu.

 

 

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