Au centre d’une séance de travail à Adjouba, une localité frontalière située au Nord-Est du Borgou, mercredi 10 janvier dernier, il y avait un dossier relatif à la séquestration par les forces de l’ordre nigérianes d’un policier et d’un instituteur béninois. Confondues en excuses, les autorités nigérianes ont affirmé leur engagement à œuvrer pour la cohabitation pacifique entre les deux pays.

Le Bénin et le Nigeria sont condamnés à vivre ensemble. Malheureusement, la cohabitation pacifique tant attendue entre les populations installées au niveau de leurs frontières est souvent perturbée par des incidents. Tel a été le cas de l’arrestation d’un policier et d’un instituteur béninois par les forces de l’ordre du Nigeria, samedi 23 décembre dernier à Adjouba. Déportés et gardés à Ilorin, du côté du Nigeria, pendant dix-sept jours, ils n’ont été libérés que le mardi 9 janvier dernier. Ce n’est qu’après l’implication du directeur général de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief), Marcel Ayité Baglo, du préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé et des autorités béninoises au plus haut niveau.
Tout juste après leur libération, une délégation béninoise s’est rendue, mercredi 10 janvier dernier, à Adjouba. Elle était composée du directeur général de l’Abegief, du préfet du
Borgou, des maires de Nikki et de Tchaourou, du conseiller technique à la sécurité du ministère de l’Intérieur, d’un représentant du ministère des Affaires étrangères et des responsables des forces de défense et de sécurité du Borgou. La délégation est allée exprimer son mécontentement au cours d’une séance d’explications et de clarifications avec la partie nigériane constituée des autorités en charge des questions des frontières et de l’Emir d’Abeokuta.
Selon le préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé, les incidents malheureux au niveau des frontières entre le Bénin et le Nigeria ne cessent de se multiplier. « La fois passée, ça a été pareil. Ils ont arrêté quelqu’un et sont partis l’enfermer au Nigeria. Et du 23 décembre 2017 au mardi 9 janvier dernier, il est resté les pieds et les mains menottés. C’est inamical. Cessons d’agir ainsi », a-t-il déploré. « Ce sont les colonisateurs qui ont délimité les frontières. Ils ne connaissent même pas Okuta et Buda », a-t-il poursuivi. Il a souhaité que ces frontières ne soient pas transformées en des lieux où les populations qui y sont installées de part et d’autres, se vouent une certaine hostilité.
La délégation nigériane a regretté l’incident qui est survenu. Conduite par le représentant de la Commission de gestion frontalière du Nigeria, Ribado
Mustapha, elle a appelé au calme et à la cohabitation pacifique entre les populations frontalières des deux pays. De telles situations, a-t-il promis, ne se reproduiront plus à l’avenir.
« Il va falloir que des dispositions soient prises afin que ces genres de situation ne se reproduisent plus », a proposé le préfet du Borgou. Pour lui, l’attitude du Bénin à ne pas offenser la partie nigériane répond à son souci de préserver leurs liens de bon voisinage.
En effet, il y a un an, un incident du genre s’était déjà produit. C’est le chef d’arrondissement de Kika et quelques ressortissants de la localité qui avaient été arrêtés par les forces de l’ordre nigérianes et gardés au Nigeria.

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