Les sept centrales et confédérations syndicales du Bénin sont désormais unies et projettent d’aller à une grève générale. Cette décision assortie d’un chronogramme bien défini a été prise au cours d’une assemblée générale extraordinaire qui a réuni, vendredi 5 janvier dernier à la Bourse du travail à Cotonou, les secrétaires généraux des syndicats de base desdites centrales et confédérations.

Les lois portant statuts des personnels de la Fonction publique et de la magistrature qui retirent le droit de grève aux agents de la santé, de la justice, de la sécurité et aux magistrats sortent les secrétaires généraux des centrales et confédérations des syndicats des travailleurs du Bénin de leurs gonds. Ils menacent de paralyser toute l’administration publique et parapublique si le gouvernement n’arrivait pas à retirer les dispositions qui privent désormais ces catégories d’agents du droit de grève.
Après cette assemblée générale qui a réuni les secrétaires généraux des syndicats de base de toutes les sept centrales et confédérations des travailleurs du Bénin, ils ont décidé de descendre dans les douze départements du Bénin à partir de ce mardi 9 janvier. L’objectif est d’aller expliquer, sensibiliser et mobiliser les militants de chaque centrale ou confédération syndicale à la base pour un mouvement d’ensemble qui sera lancé. Cette tournée de sensibilisation et de mobilisation sera suivie d’un grand sit-in à l’esplanade de l’Assemblée nationale le jeudi 11 janvier prochain pour exprimer aux députés, le mécontentement des travailleurs, suite aux lois qu’ils ont votées pour retirer le droit de grève à certains agents. Le sit-in sera suivi le lendemain, c’est-à-dire le vendredi 12 janvier, d’une assemblée générale de synthèse. Si au terme de cette démarche aucune réaction positive du gouvernement visant à retirer les dispositions querellées n'est observée, une grève générale sera lancée dès le lundi 15 janvier dans tous les secteurs et sur toute l’étendue du territoire national, annoncent les responsables syndicaux.
Au cours d’une assemblée générale extraordinaire du vendredi dernier, les responsables syndicaux ont expliqué de long en large comment, la Charte du dialogue social qu’ils ont signée avec le gouvernement depuis août 2016 est constamment violée, selon eux.
Selon les secrétaires généraux de la Cstb, de la Cgtb, de l’Unstb, de la Cosi-Bénin, de la Csa-Bénin, de la Csub et de la Cspib, le gouvernement n’a jamais cherché à respecter tout ce qui a été arrêté dans cette charte. Tous les jours, disent-ils, le gouvernement bafoue les droits des travailleurs. Pour eux, il s’agit des lois qui ont été votées par les députés en complicité avec le gouvernement pour réduire des libertés publiques. Ils disent ne pas comprendre la position du chef de l’Etat. Car, ce dernier, selon eux, au terme d’une rencontre avec des agents de la santé, a eu à prendre des engagements qui n’ont pas été encore honorés. De même, avec les agents de la justice, le gouvernement, selon eux, aurait pris des engagements dont l’échéance n’était pas arrivée à terme avant que ces lois ne soient votées.
Ne pouvant plus rester bras croisés devant les dernières lois qui risquent de réduire au silence tous les travailleurs, selon eux, ils ont décidé de se faire entendre?

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