Une équipe conduite par le Fonds mondial pour l’assainissement (Gsf) a effectué une descente, en fin de semaine dernière, à Parakou et Pèrèrè, dans le département du Borgou. Cette visite de terrain vise à évaluer le travail abattu par l’équipe du Programme d’amélioration de l’accès à l’assainissement et des pratiques d’hygiène en milieu rural (Paphyr). L’occasion lui a aussi permis d’apprécier les premiers résultats obtenus.

L’approche Assainissement total piloté par la communauté (Atpc) consiste à amener les localités à un état de Fin de défécation à l'air libre (Fdal). Ceci, en encourageant les communautés à construire et à utiliser plus efficacement les installations d’assainissement à savoir les latrines hygiéniques, à travers des Agences de mise en œuvre déléguée (Amod). La délégation du Gsf a pu se rendre compte, que ce soit dans le village de Sinasso à Parakou et à Pèrèrè où, elle était à Gah-Gbabi et Kpéssanra, deux localités Fdal, puis à Bonrou, une localité qui ne l’est pas encore, que les populations se sont appropriées de cette approche.
En effet, au cours de ses rencontres avec les autorités locales et les communautés dans chacune des localités, la délégation a visité tous les ouvrages d’hygiène et d’assainissement construits. Ce qui lui a permis de constater que les populations, en matière d’hygiène et d’assainissement, ont en réalité changé de comportements. Profitant des échanges qu’ils ont eus avec elles, les membres de la délégation leur ont fait des recommandations par rapport à l’accessibilité des ouvrages aux personnes âgées ou vivantes avec un handicap. Des questions relatives à la vidange des fosses, à l’implication des femmes dans la construction des ouvrages et au maintien des acquis n’ont pas été occultées. A cette occasion, les communautés ont réaffirmé leur engagement à maintenir l’état Fdal et à monter l’échelle de l’assainissement grâce à leurs propres moyens. Ajouté au charbon auquel elles ont recours dans leur dispositif de lavage des mains afin d’éviter les odeurs nauséabondes, d’autres localités se sont déjà mises à leur école.
Au Bénin, en effet, l’accès aux services d’hygiène et d’assainissement de base des populations en général et en particulier celles rurales, est très limité. En 2012, le taux de défécation à l’air libre en milieu rural était supérieur à 80%, dans les départements de l’Atacora, du Borgou, des Collines et de la Donga. Comme conséquence de cette situation, il y a eu une dégradation des conditions sanitaires de la population avec un taux élevé de morbidité et de mortalité dû aux maladies infectieuses et parasitaires. Il était donc urgent, afin de permettre aux communautés rurales d’avoir un accès durable et équitable aux services d’assainissement avec de bonnes pratiques d’hygiène, d’améliorer leur santé et la qualité de leur cadre de vie. C’est dans ce cadre que le Paphyr a été initié par le Gouvernement béninois. Financé par le Gsf, il utilise l’approche Atpc et ce, conformément à la Stratégie nationale pour la promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (Snphab).

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