Houètèhou C. Franck HOUNSA, président de l’Ong Divine Connexion Worldwide, une Ong à l’avant-garde des Droits humains jette un regard sans cession sur l’albinisme, objet de stigmatisation souvent par ignorance.

 

La 3eJournée internationale de sensibilisation à l’albinisme a été commémorée le 13 juin dernier sur le thème « Avancer avec un espoir renouvelé ». Que vous inspire cette thématique ?

 

Si cette journée n’existait pas, il fallait la créer ! Personne ne doit rester en marge de cette célébration, à commencer par les principaux concernés. Je suis de ceux-là. C’est pourquoi nous nous réjouissons de ladite journée.

 

En quoi consiste le handicap chez les albinos ?

 

Le soleil dérange énormément les personnes atteintes d’albinisme. C’est pourquoi il faut toujours se protéger : pantalon ou jupe longue ; chapeau à large bord. Si tant est qu’on doive sortir en plein soleil, il faut éviter les tee-shirts et préconiser les chemises à manches longues. De plus, on peut faire recours aux crèmes solaires si l’on en a les moyens. Il est recommandé de consulter un dermatologue et un ophtalmologue au moins deux fois l’an. Ceci permettra de détecter à temps les risques de cancer…

 

À combien peut-on estimer les personnes atteintes d’albinisme (PAA) au Bénin ?

 

Les estimations, sur la base de nos recensements, penchent en faveur d’environs 1000 personnes atteintes d’albinisme.

 

D’après vos expériences, quel est le sort de ces personnes au Bénin ?

 

Elles sont principalement exposées à trois difficultés majeures. D’abord, la faible acuité visuelle qui leur rend les études difficiles. Ensuite, la vulnérabilité de la peau aux rayons solaires, qui est la principale cause du cancer de la peau chez les personnes atteintes d’albinisme. À tout cela s’ajoutent la stigmatisation et la marginalisation sur la base de la couleur de leur peau. Nous n’allons pas oublier la non-prise en charge de leur vulnérabilité en situation de classe (s’il s’agit des élèves ou étudiants). Par-dessus tout, le meurtre commis sur leur personne par des gens mal intentionnés, qui pensent que les organes des personnes atteintes d’albinisme peuvent être utiles dans des potions magiques, est un crime à combattre à tout prix de nos jours.

Les personnes atteintes d’albinisme sont des hommes comme les autres. Les seules déficiences sont celles de la peau et des yeux, et personne ne choisit la couleur de sa peau, encore moins son handicap. Ainsi nous devons les considérer comme toutes personnes capables d’apporter leur soutien au développent de notre société. La couleur de la peau ne signifie pas l’incapacité de la personne. Aussi devons-nous en finir avec les vieilles croyances qui font des personnes atteintes d’albinisme des « sous-hommes » ou des hommes destinés aux sacrifices, des indésirables, des bébés fétiches, etc.

 

Comment les personnes atteintes d’albinisme réagissent-elles face à une telle hostilité ?

 

L’albinisme a affecté notre peau et nos yeux, mais nous ne devons pas le laisser affecter notre mental. Nous aurions tort si nous ne nous surpassons pas pour réussir.

 

Que cache une telle philosophie ?

 

Je voudrais décourager la victimisation souvent constatée chez les personnes atteintes d’albinisme. Le travail libère l’homme. Il nous faut donc travailler pour être nous-mêmes, même si nous sommes frappés de handicap.

Cela dit, c’est tout à fait injuste de placer un poisson et un singe au pied d’un arbre, leur demander de grimper dans l’arbre, seulement pour traiter le poisson d’incompétent. Il suffit de suppléer à la déficience des personnes atteintes d’albinisme pour mesurer combien elles peuvent exceller comme n’importe qui, dans n’importe quel domaine!

 

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