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Le dialogue social, selon le secrétaire général de la Confédération des Syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), est en panne. Aussi exhorte-t-il le gouvernement à reconsidérer sa position afin que les centrales ne fassent monter le mercure.

 Les centrales syndicales n’ont de cesse de dire que le dialogue social est grippé. Avez-vous enfin trouvé avec le gouvernement un terrain d’entente ?

 Le gouvernement ne permet même plus aux deux parties de s’asseoir pour échanger sur les sujets brulants sur le plan social. Comment pourrait-on trouver un terrain d’entente sans discuter, sans négocier ? Depuis plus de six semaines le gouvernement a ouvert difficilement, à la demande de six confédérations, la session ordinaire de la commission de négociations gouvernement-centrales. Depuis six semaines donc nous n’avons fait qu’adopter l’ordre du jour d’une session qui était censée durer cinq jours et qui est reportée sans fin par le président de ladite commission, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané. Pour finalement répondre à votre question on ne peut pas parler pour le moment de terrain d’entente.

 Quels sont les griefs des centrales syndicales contre le gouvernement ?

 C’est le non-respect des engagements pris. Vous savez que nous avons rencontré le chef de l’Etat et qu’il s’était engagé sur des préoccupations majeures des travailleurs. Notamment la sauvegarde des emplois dans le cadre des liquidations et des réformes de certaines entreprises publiques, la réforme concertée de la loi du travail, la mise en œuvre de la charte sur le dialogue social, le vote des lois contestables, etc.  Malheureusement, ses collaborateurs ne semblent pas mettre en pratique les engagements du chef de l’Etat, lesquels demeurent jusque-là théoriques. Nous reprochons au gouvernement le déni du social dans les réformes en cours et annoncées. Nous ne sommes plus à l’époque où un gouvernement peut gouverner sans consultation des acteurs sociaux et le gouvernement ignore ce principe élémentaire. Dernier exemple en date, c’est le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (ARCH) qui continue d’être une incantation pour les représentants des travailleurs que nous sommes. Car, nous n’en savons absolument rien de façon officielle aujourd’hui. Nous avons de plus en plus le sentiment que le gouvernement considère l’Etat comme un marché et entend faire du profit à n’importe quel prix. Pour cela, il ne propose que la liquidation et la privatisation comme solutions aux problèmes de gestion des structures publiques.

Nous avons montré notre bonne foi à donner une chance au dialogue et nous reprochons au gouvernement sa mauvaise foi manifeste dans ce domaine. La guéguerre permanente entre employeurs et salariés est devenue ringarde aujourd’hui et nous n’allons pas permettre au pouvoir de l’entretenir. Il faut sortir de cette spirale et nous sommes prêts à contraindre le gouvernement à nous écouter pour mieux s’occuper des revendications des travailleurs.

 A ce propos, le gouvernement est-il d’avis avec les centrales ?

 Théoriquement il y a le discours et une certaine approche qui pourrait inspirer confiance et faire croire à l’opinion que les deux parties pourraient s’entendre sur l’essentiel. C’est-à-dire le mieux-être des travailleurs et des populations. Mais dans les actes nous ne voyons pas cet espoir se concrétiser. Nous espérons que le gouvernement va prendre la mesure de la situation et changer la donne actuelle.

 Que faire pour que les deux parties dialoguent ?

 Nous essayons de discuter et nous donnons l’alerte au gouvernement sur la détresse qu’expriment les populations aujourd’hui. Nous sommes six confédérations à avoir organisé un forum sur la situation sociale difficile et nous avons demandé et obtenu une audience avec le chef de l’Etat pour lui présenter de vive voix les résolutions de ces assises. Ensuite, vous nous avez toujours entendus nous prononcer avec des propositions alternatives sur la question du social. Je dois avouer aujourd’hui que nous et nos militants avons de moins en moins le sentiment qu’il y a l’écoute nécessaire. Il y a un grand risque d’explosion sociale et nous y participerons si le gouvernement continue à faire la sourde oreille.

 Quel est votre avis sur le recrutement d’un mandataire au port de Cotonou ?

 On ne peut pas denier au gouvernement le droit de mettre en place les réformes qui permettent de rendre performant ce maillon important de notre économie nationale.  Donc à priori, recruter un mandataire n’est pas le problème. Le problème ici est de deux ordres à savoir, que cette réforme se fait en marge de toute concertation avec les acteurs de la plateforme portuaire. Les partenaires sociaux l’ont réclamée en vain. Ils ont exprimé leur envie de contribuer aux réformes en ayant la possibilité de veiller aux intérêts du pays. Donc mon avis est que le gouvernement doit faire les choses dans les règles et dans la concertation des parties prenantes. A défaut, il prend le risque d’échouer malgré toute sa bonne volonté. Il faut donc surseoir à cette réforme et renouer le dialogue avec les travailleurs pour qu’elle soit inclusive et fructueuse.

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