Depuis environ un mois, les boulangeries de la place tournent au relenti. Cet état de choses s’explique par la pénurie de farine de blé due à la flambée du prix du sac de ce céréale sur le marché.

Les boulangeries de la place ont des difficultés à produire le pain comme d’habitude. La situation remarquée sur tout le territoire national s’explique par la hausse excessive du prix du sac de blé.
D’après Célestin Sandé, boulanger au quartier Cadjèhoun, la situation perdure depuis un mois. Il ignore vraiment les raisons qui justifieraient cet état de choses. « Le peu de stock dans les magasins a augmenté de prix et la quantité de farine que nous utilisons agit sur la production », a-t-il révélé. Selon M. Sandé, seuls les importateurs pourront donner de réponses précises sur cette situation.
Le prix de la farine de blé désormais passé au double de son prix d’achat, les consommateurs de ce produit de grande consommation se plaignent. En effet, le prix du sac de blé qui, auparavant, était à 16 000 est désormais cédé à 30 000 F Cfa pour le sac de cinquante kilogrammes. Une crise déplorée par une jeune revendeuse de pain, Juliette Howéto. Cette dernière estime que le chiffre d’affaires des revendeuses a carrément baissé durant ces trois dernières semaines. « Les clients ne sont plus satisfaits, car parfois ils ne sont pas servis comme souhaité», a-t-elle déploré. Elle ajoute que même la qualité du pain laisse à désirer par moments.
Un peu plus loin, au quartier Houéyiho, le constat est identique. Sur les lieux, aucune activité de vente et les boulangers ainsi que les revendeuses se plaignent. Aux dires de Blandine Amingandjè, revendeuse devant ladite boulangerie, les taxes douanières auraient augmenté. Ainsi, les fournisseurs ont du mal à respecter leurs engagements. Le responsable de la boulangerie, Boris Acakpovi, abonde dans le même sens et évoque qu’avec cette flambée du prix, tout est devenu plus difficile. «Les clients se font rare avec la qualité du pain livré », a-t-il fait savoir. A l’en croire, la mauvaise qualité de la farine de blé plus ou moins disponible ne permet pas d'avoir du pain de bonne qualité, d'où la déception des consommateurs. Il sollicite le concours de l’autorité de tutelle ainsi que des différents responsables de leurs associations pour remédier à la situation pour le bien-être des consommateurs.

Des démarches pourjuguler la crise

D’après les explications du président de l’Association nationale des propriétaires et exploitants de boulangeries et pâtisseries du Bénin (Anapeb), Gatien Adjagboni, la crise serait due à une grève dans un port de transbordement européen. Selon lui, plus de 50% du blé importé au Bénin quitte la Turquie, un pays qui, depuis peu, connaît des mouvements d’instabilité politique.
Plusieurs démarches sont entreprises par le président de l’Anapeb pour reduire les difficultés. «Nous avions déjà saisi le ministre du Commerce et de l’Industrie pour des actions diligentes», a-t-il informé. Gatien Adjagboni a assuré qu’un stock de farine sera disponible d’ici la semaine prochaine au niveau du port de Cotonou. Mais, a-t-il ajouté, ce stock est limité et déjà entièrement payé par certains grossistes chez les importateurs. Face à la situation, le président de l'Anapeb invite les autorités centrales à réagir pour soulager les peines des responsables boulangers et pâtissiers à travers des réformes. « Le pain étant un produit de première nécessité, il faudrait que désormais le prix des importateurs soit cadré par le pouvoir central tel que le prix de la baguette de pain est fixé », préconise le président de l’Anapeb. Il souhaite également que la Tva sur le sac de farine de blé exploité au Bénin, soit revue à la baisse, comme en Côte d’Ivoire, au Togo, au Cameroun et dans d’autres pays de la sous-région.

Par Zalikath CHABI-YAOURE ; Imaculée DEGBELO (Stag)

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 211 fois