C’est dans une salle bleue du palais des Congrès de Cotonou, pleine comme un œuf, que s’est tenu samedi 24 octobre dernier, le 4e Congrès ordinaire du parti Rassemblement national pour la démocratie (RND) de l’ancien ministre Jean Michel Abimbola, député de la 7e législature. Le Congrès a reçu le soutien de diverses personnalités, chefs de partis et amis, venus témoigner leur adhésion aux idéaux et ambitions du RND.

«Ensemble pour relever les défis de la démocratie et du développement». C’est sous ce thème que sont menées les discussions du 4è Congrès du Rassemblement national pour la démocratie qui s’est déroulé samedi 24 octobre dernier à Cotonou. Vu le contexte politique dans lequel se tient ce conclave, Jean Michel Abimbola a déclaré qu’« il n’est pas possible de se lancer dans une nouvelle campagne présidentielle sans avoir pris préalablement le temps d’une évaluation des10 années de pouvoir». Cela, pour en tirer des conclusions pour l’avenir du Bénin. Comment demander à 80 partis politiques et à 200 mouvements sans réflexions et sans débats, de suivre comme des moutons de panurge des leaders qui eux-mêmes se perdent en conjectures et se demandent : où est le chemin ? Quelle direction prendre, quelle route choisir ?, s’est interrogé le président du RND. Une attitude contraire signifierait, selon lui, que le projet de société et le programme de gouvernement se limitent à la conservation du pouvoir, à la conservation des privilèges et des avantages au détriment du peuple. «Il nous semble urgent de libérer la réflexion, de libérer la parole, de libérer l’intelligence afin qu’ensemble nous puissions relever les défis de la démocratie et du développement», a-t-il souligné.

Jean-Michel Abimbola a déploré que toute analyse, tout questionnement soit synonyme de rébellion, d’opposition. Il a également regretté que depuis 2006, l’histoire de son groupe politique, du Changement, de la Refondation soit parsemée d’ostracisme, d’exclusion de leaders de chefs de partis politiques, de personnalités qui ont osé poser des questions dérangeantes, dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. «Où sont-ils les premiers compagnons du Changement ? Où sont les soldats du Changement et de la Refondation ? Pourquoi faut-il que la révolution finisse toujours par dévorer ses propres enfants ?», s’est-il interrogé avant de se consoler en ces termes : «A moins que l’heureuse initiative du 12 octobre dernier, comme nous l’espérons vienne démentir cette crainte».

Les messages de soutien

Il s’agira au cours des travaux, indique le président du RND, de faire une analyse critique et objective de la situation socio-politique du Bénin afin d’en dresser le bilan qui permettra de faire des recommandations.
C’est peut-on admettre dans une logique approximative qu’ont été délivrés les nombreux messages de soutien qui ont précédé ce discours soutenu de Jean-Michel Abimbola.
«Nous sommes à la croisée des chemins et l’heure est au bilan ; il importe de s’engager dans le combat pour la démocratie, contre le régionalisme, la mal gouvernance, car l’objectif final est l’éradication de la pauvreté», a soutenu Marcel de Souza du Front républicain pour le Bénin (FRB). Il a appelé au rassemblement et à la cohésion pour se mettre à la disposition des populations. Avec le même entrain, Sacca Lafia de l’Union pour la démocratie et la solidarité nationale (UDS) salue le courage, la perspicacité et la combativité du RND. Il a déclaré que l’UDS est ouvert et a souhaité que des assises émanent des recommandations et résolutions qui contribueront à une alternance pacifique pour vaincre la fatalité pour compter du 28 février 2016.
Ce n’est pas Adidjath Mathys des Forces unies pour la renaissance de la démocratie (FURD) qui ferait une option contraire. Elle a appelé à un état des lieux sincère et responsable puis à se départir de l’hypocrisie politique.
Raphaël Akotègnon au nom du PRD s’inscrit dans la même logique et encourage le RND à poursuivre avec la même combativité, le rassurant d’être à ses côtés pour relever les multiples défis de la démocratie et du développement.
Arifari Bako au nom des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) s’engage quant à lui pour la poursuite de l’œuvre entamée et de son amélioration. «En 2016, la victoire sera trans-partisane, ni mouvance ni opposition. Le Bénin gagnera, car il importe de préserver la paix, la stabilité politique et la démocratie», a-t-il insisté.
Le Congrès a pris fin tard dans la soirée, faisant une analyse critique des 10 ans du quinquennat finissant. «Les fruits sont loin d’avoir tenu la promesse des fleurs. Face à ce constat, à l’instar du frère Melchior qui en appelle à une nouvelle logique électorale, le RND en appelle à une remobilisation afin qu’ensemble nous puissions relever les défis de la démocratie et du développement», a déclaré Jean-Michel Abimbola lors de la clôture des travaux.

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