Annoncé à grand renfort médiatique, le concert de lancement des activités du Fan club Patrice Talon n’a plus eu lieu dimanche dernier à Parakou. Mais le meeting des hommes acquis à la cause de l’homme d’affaires s’est tenu, en dépit de l’intervention policière. Charles Toko et les siens fustigent le régionalisme, l’acharnement et la confiscation des libertés.

Sur instigation de la mairie qui a opposé un refus à la tenue du lancement du Fan Club Patrice Talon, manifestation prévue pour se dérouler dimanche 13 septembre dernier dans les locaux des résidences COTEB à Parakou, une horde de policiers a assiégé les lieux empêchant toute entrée dans la maison. La situation est restée tendue et les organisateurs ont dû replier pour se retrouver dans un autre cadre moins propice pour tenir le meeting pour lequel ils ont saisi les autorités municipales à titre d’information et ce, « malgré les tracasseries, intimidations et pressions de toutes sortes, venues de toutes parts», dira le porte-parole des jeunes du Fan club, Obahorin Mouléro. «2016. Oui à Patrice Talon, candidat, candidat, candidat !», ont scandé à l’occasion ces jeunes et femmes acquis à la cause de l’homme d’affaires pour l’élection présidentielle de février prochain, dont ils brandissaient les posters. Ils l’ont invité «à ne pas dérober à son destin».
Certes, l’événement n’a pas connu le grand succès escompté, mais Charles Toko, président national du Fan club Patrice Talon, se réjouit d’avoir tenu le pari en dépit de tout. «On a pu tenir notre meeting; le Fan Club Patrice Talon est lancé et personne n’a pu rien y faire», laisse-t-il entendre. L’élu municipal explique la mésaventure du dimanche dernier par des relents de régionalisme de la part de certains de ses collègues du Conseil municipal de Parakou qui lui reprocheraient de s’aligner derrière un homme du Sud au détriment de ses frères du Nord. « Quand j’étais à la mairie ce vendredi, des gens m’ont approché: des adjoints au maire, des conseillers municipaux originaires de Parakou m’ont approché pour me dire pourquoi moi, un conseiller municipal originaire de Parakou, je vais faire venir un gars du Sud en meeting ici, que je peux aller chercher tout le monde mais je ne dois pas faire venir quelqu’un du Sud. Je leur ai répliqué que Parakou appartient à tout le monde, que Talon peut faire son meeting partout, que la loi ne nous limite pas. En fait, c’est le nœud du problème», explique Charles Toko. Il bat en brèche le risque de «troubles à l’ordre public» évoqué par la mairie pour interdire l’activité, sous le prétexte que d’autres manifestations seraient «prévues pour se dérouler non seulement au cours de la même période, mais aussi à des endroits très rapprochés et à des heures non précisées». «On nous dit qu’il y a une autre réunion à côté. C’est faux. C’est la tactique qui est connue : quand ils ne veulent pas que quelqu’un tienne sa réunion, ils demandent à leurs partisans d’introduire des demandes de manifestations. Je dis trop, c’est trop», lâche-t-il. «Il y a deux semaines, rappelle-t-il, le chef de l’Etat est venu parler de coton et juste à côté, il y avait un parti politique qui se lançait».
Le président du Fan Club Patrice Talon et les siens n’entendent pas baisser les bras. «Nous, nous allons réintroduire une demande dès ce lundi parce que les manifestations du Fan Club Patrice Talon vont s’étaler jusqu’à l’élection présidentielle... Qu’ils interdisent ! Nous sommes là», confie Charles Toko, tout déterminé.
Pour rappel, il y a un an, précisément le mardi 30 septembre 2014, les autorités municipales de Parakou avait fait empêcher par la police la tenue d’une réunion des femmes «Baromètre pour une autre gouvernance». Ces «Amazones» mécontentes et un certain nombre de personnalités avaient également fustigé en son temps la confiscation des libertés d’expression et de regroupement.

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