Samedi 29 août dernier, les militants du parti Congrès Africain des Démocrates (CAD) ont tenu leurs troisièmes assises statutaires à Cotonou. L’ouverture des travaux était l’occasion pour Lionel Agbo, président du parti, de mettre l’accent sur les réformes nécessaires pour sauver la démocratie béninoise.

Face aux divers maux dont souffre la démocratie béninoise, Lionel Agbo, président du Congrès Africain des Démocrates (CAD), a, dans son discours d’ouverture des travaux des 3èmes assises statutaires de son parti, souligné la nécessité d’engager de réformes structurelles. Ainsi, au niveau de la justice, il a plaidé pour des «réformes structurelles profondes» afin qu’elle soit «indépendante» pour remplir sa mission régalienne en toute quiétude. A ce sujet, il a exprimé son soutien à la lutte de l’Union nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB) et exigé que soient respectées les procédures dans la nomination des juges des Cours et Tribunaux.

De même, la nomination des membres de la Cour constitutionnelle, des présidents de la Cour suprême, du Conseil économique et social et de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et la Communication doit, selon Lionel Agbo, doit être revue. «…l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts pour éviter les dérives que nous avons connues ces dernières années», a-t-il martelé.
En ce qui concerne la Haute cour de Justice, le CAD a opté pour «la prérogative de l’auto-saisine pour éviter de laisser aux députés seuls le soin et la volonté de manipuler à leur guise et au gré de leurs intérêts les demandes de levée d’immunité parlementaire notamment d’un des leurs ou la traduction d’un ministre devant elle». Pour ce faire, le parti adhère à «une révision profonde de la Constitution par le prochain président et sans opportunisme». La révision de la Constitution doit aussi porter sur la durée du mandat présidentiel. A ce propos, le CAD a ciblé l’article 42 de la Constitution qui traite de la question et a proposé que désormais le mandat soit unique et de 7 ans sans possibilité de renouvellement.
Par ailleurs, après avoir déploré qu’actuellement, le Bénin compte 200 partis politiques, Lionel Agbo a voulu qu’on mette fin à cette situation de floraison de partis. Les réformes sur ce terrain doivent veiller à ne «réserver la sphère politique» qu’aux politiciens et à opérer de grands regroupements politiques. Avec de telles réformes, a-t-il fait savoir, on pourra limiter le nombre de candidats à la présidentielle. Aussi n’a-t-il pas manqué de dénoncer la cinquantaine de candidatures déjà annoncées pour la présidentielle de 2016 tout en appelant le peuple à la vigilance.
A l’occasion, Lionel Agbo ne s’est pas empêché de revernir sur certaines questions dont sa condamnation en janvier 2013 à six mois de prison pour offense au chef de l’Etat. Une situation qui l’a, a-t-il dit, contraint à «un exil forcé en France pendant deux ans avant d’être blanchi par un arrêt de la Cour d’appel...». Mais rentré au pays, il a dit faire «l’objet d’une filature» et «d’une tentative d’assassinat» dont il garde encore des séquelles au front.
A la suite du président du CAD, des personnalités politiques dont Candide Azannaï, Ali Houdou, Richard Sènou et Antoine Robert Détchénou ont délivré des messages de soutien de leurs formations politiques aux militants du CAD.

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