Le 16 mai prochain, les députés de la 7è législature entreront dans la plénitude de leur fonction. Dans le lot, 12 députés ont un statut particulier, car ils sont ministres en fonction. Quel choix sera le leur, entre Parlement et Exécutif ?

Un mois pour décider. Choisir entre les plénières à l’Assemblée nationale ou continuer à fouler l’antre de la salle du Conseil des ministres. Telle est la (presque) quadrature que doivent résoudre douze ministres de l’actuel gouvernement de Boni Yayi, élus députés aux dernières législatives et contraints par la loi à choisir entre leurs portefeuilles ministériels et leurs sièges au palais des Gouverneurs. Leur situation est d’autant plus intéressante que ces ministres occupent des places de choix au sein de l’appareil gouvernemental.
François Abiola est ministre d’Etat, Marcel de Souza chargé du Développement est le numéro 3 du gouvernement duquel Simplice Dossou Codjo est ministre du stratégique département de l’Intérieur, Valentin Djènontin, Garde des Sceaux ; Komi Koutché est l’argentier national, poste sur lequel il aurait louché un certain temps avant de le décrocher comme consécration d’une carrière fulgurante ; Nassirou Bako Arifari, est détenteur du département, Dieu seul sait !, très convoité du ministère des Affaires étrangères. Et que dire de Jean-Michel Abimbola, ministre en charge de la Culture, d’Aké Natondé en charge du ministère des Transports et des Travaux publics, de Alassane Soumanou ou de Barthélémy Kassa, sinon qu’ils ne comptent pas pour des prunes, s’il en est au sein de l’Exécutif ? Quoi qu’il en soit, est bientôt venue l’heure du choix pour ces ministres dont on ne sait toujours pas s’ils avaient eu pour vocation d’utiliser leur notoriété pour faire gagner leur famille politique ou s’ils entendaient véritablement siéger au Parlement.

Partira, partira pas

Autant les postes ministériels restent prisés, autant on conçoit aisément qu’ils soient tentés de jeter l’éponge gouvernemental à la fin des haricots pour se projeter dans une aventure de plus longue durée. Ceux qui pencheront pour la première hypothèse devront rester au gouvernement si le remaniement ministériel les y maintient ; et faire la joie de leurs suppléants. En la matière, rien n’est moins sûr. Tout pronostic avisé porterait à miser qu’ils ne seront pas nombreux dans ce cas. Les autres, calculette en main, auront fait, entre rester 10 mois au gouvernement et s’honorer de quatre années de mandat législatif, le choix le plus humain, le plus futé…Car de fait, du dernier gouvernement de Boni Yayi, celui qui sera issu de l’imminent remaniement, il n’en sera question que seulement pour les dix prochains mois. Flotte du coup comme un air du ‘’discours d’adieu de Béhanzin’’ : «Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, lorsque le temps était venu…», dit-il en l'occurrence. Mais en réalité, il n’en sera rien, car de la fidélité des ministres qui siégeront désormais à l’Assemblée nationale, le chef de l’Exécutif a toujours besoin pour finir en beauté son mandat, au cas où il réunirait une majorité favorable ou même dans le cas contraire, dans la probabilité cauchemardesque pour les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) de se trouver en minorité au sein de l’hémicycle.
Pour le reste, ces douze ‘’apôtres’’ de Thomas Boni Yayi ont pu figurer sur la liste très sélective des FCBE dont la capacité a débordé parce qu’ils jouissent de la confiance du chef de cette alliance politique. Il n’y a donc pas de risque qu’ils lancent comme Pierre «Même si je devais mourir avec toi, non je te renierai pas» et se rendre coupables de parjure par la suite, ni Boni Yayi devoir affirmer comme Jésus : «Cette nuit-ci, avant qu’un coq chante, tu me renieras trois fois». Quelques uns parmi eux ont d’ailleurs une certaine expérience parlementaire comme François Abiola, Nassirou Bako Arifari ou Barthélémy Kassa, et leur famille politique de ce fait pourrait avoir besoin de leur éclairage pour combler le vide laissé par Chabi Sika, Djibril Mama Debourou ou encore Sacca Lafia qui ont changé leur fusil d’épaule entre temps.

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