La non-organisation à ce jour des élections municipales, communales et locales et celles législatives n’est pas imputable au chef de l’Etat, encore moins à son alliance politique les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Cette clarification, les maires et députés se réclamant de cette obédience politique l’ont faite hier, mercredi 7 janvier, au cours d’un conclave qu’ils ont organisé à l’Infosec à Cotonou.

«Nous voulons faire comprendre à l’opinion publique que le chef de l’Etat a encore le soutien de son peuple et de ses élus. C’est comme si tout s’écroulait autour de lui, mais nous sommes encore là, résolument engagés». Cette déclaration du député André Okounlola en guise d’introduction hier en disait suffisamment long sur l’ordre du jour même du conclave qui a réuni les députés et maires de l’alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Lequel visait, selon lui, «à échanger pour trouver des mécanismes à mettre en place afin de travailler ensemble et gagner les combats futurs». Depuis huit ans, soutient André Okounlola, Boni Yayi a fait ce qu’il peut et à moins de deux ans de la fin de son mandat, ses élus, toutes catégories confondues, s’activent pour pérenniser les acquis. Et pour ce qui est des accusations faisant état de la volonté du gouvernement et singulièrement de son chef, de ne pas vouloir des élections, le député Rachidi Gbadamassi martèle que ce sont les opposants qui ont peur d’aller aux élections et pour ce faire, les mouvanciers leur donnent rendez-vous sur le terrain pour les affronter par le biais des urnes. «Boni Yayi a rempli ses conditions», clame-t-il. Seules la convocation du corps électoral, la sécurisation des opérations de vote et le financement sont du ressort du gouvernement, explique-t-il. Sur chacun de ces trois points, il dégage la responsabilité du chef de l’Etat et dénonce ceux qui, selon lui, «veulent prendre le pouvoir par la rue».
Le député Grégoire Akoffodji partage cet avis. Selon lui, l’exemple burkinabè que certaines chapelles politiques brandissent pour tenter «de prendre le pouvoir par la force», est un bouleversement de l’ordre constitutionnel contre lequel les maires et députés FCBE s’insurgent. Dans la même veine que ces deux députés, certains maires présents à ce conclave soutiennent qu’ils veulent autant des élections que les leaders et militants FCBE. Pour Dominique Sambieni, maire de Cobly, les marches successives de certaines Organisations de la Société civile et de l’Opposition pour réclamer la tenue des élections, impliquent de la part des élus FCBE, une riposte.
Ils sont tout autant friands des élections, et face aux menaces répétées de leurs contradicteurs, l'élu FCBE martèle que les 55 maires et 33 députés FCBE formeront «un bloc offensif pour montrer à l’opinion publique que Boni Yayi est encore solide et toujours en place». Mais non seulement, il est en place, il travaille comme s’il n’allait jamais partir, fait observer le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Patrice Comlan Hounsou-Guèdè. C’est cela qui, selon lui, inquiéterait ses adversaires politiques qu’il invite alors à ne pas s’en faire. C’est pour défendre son bilan à la fin de ses deux mandats que le président Boni Yayi s’échine autant, détaille-t-il.
S’agissant du soutien des élus FCBE, il est total et entier, ont rassuré les participants au conclave d’hier. Ils comptent même serrer les coudes, réfléchir sur de nouvelles orientations et travailler à soutenir davantage leur leader politique qui, disent-ils, même après son mandat, a besoin de leur accompagnement.
Yacoubou Malehossou, désormais député FCBE ?

Le conclave des élus (maires et députés) de l’alliance FCBE organisé hier à Cotonou, avait un invité spécial, si non un député spécial. Il s’agit de l'élu de la Renaissance du Bénin (RB), Yacoubou Malehossou. Comme on pouvait l’imaginer, la présence de cet «intrus» a tôt fait de susciter certaines inquiétudes. Lesquelles, ce parlementaire de l’Opposition s’est vu dans l’obligation de dissiper avant même que les initiateurs de cette rencontre ne commencent leurs travaux. Son argumentaire repose sur le fait que la formation politique à laquelle il appartient, en l’occurrence la Renaissance du Bénin (RB) s’était engagée aux lendemains de l’élection présidentielle de 2011 remportée par le président Boni Yayi, de le soutenir jusqu’à terme dans ses actions et initiatives.
Yacoubou Malehossou qui dit être «un bon musulman» aurait donc fait l’option de la fidélité à cette ligne politique et c’est la raison pour laquelle, explique-t-il, il s’est invité à cette rencontre à huis-clos destinée aux députés et maires FCBE. Face à une telle explication, il y a eu des murmures, du silence et même de l’indifférence par endroits. La supposée fidélité du député RB aurait-elle d’autres relents surtout par ces temps de veille des élections législatives où les combats pour les positionnements sur les listes, se font déjà rudes ?

J. F. M

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 3239 fois
Tags:
  • ,