Renseignant sur l’impact des efforts déployés par les pouvoirs publics pour soutenir la croissance et lutter contre la pauvreté, le rapport sur l’évaluation des politiques et des institutions nationales en Afrique (CPIA) vient d’être publié. Il conforte les choix de politique opérés par le président Patrice Talon, au regard de la note obtenue par le Bénin.

Réalisée par la Banque mondiale, convaincue de ce qu’il existe une corrélation entre l’efficacité de l’investissement et la qualité des politiques et des institutions, et que cette corrélation est plus forte en ce qui concerne l’efficacité de la gestion du secteur public, la CPIA mesure les progrès accomplis par les pays pour améliorer la qualité de leurs politiques et de leurs institutions, afin de leur fournir un cadre utile pour suivre leurs progrès et combler leurs lacunes. Les pays sont notés sur une échelle de 1 (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour 16 indicateurs de développement regroupés dans quatre catégories : gestion économique ; politiques structurelles ; politiques d’insertion sociale et d’équité ; gestion et institutions du secteur public.
Cette évaluation a son importance, car elle conditionne le montant des dons et prêts à taux zéro accordés aux pays africains. Un meilleur score permet d’augmenter le montant des financements concessionnels octroyés par la Banque mondiale, selon Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique.
Les notes de la CPIA déterminent en effet l’allocation de prêts sans intérêts et de dons aux économies éligibles au soutien de l’Association internationale de développement (IDA), et le fonds du Groupe de la Banque mondiale pourvoyeur de financements concessionnels.

Fruits de la rigueur

En dépit de ce que les pays en Afrique continuent de résister à une conjoncture économique difficile, notamment à des termes de l’échange dégradés, à une croissance mondiale molle et à des problèmes internes, renseigne le rapport de la Banque mondiale, le Bénin faisant preuve d’une certaine résilience économique a su tirer son épingle du jeu, grâce à une politique rigoureuse, mieux à même de faire face aux chocs économiques, menée par le gouvernement de la Rupture. Encore que le nombre de pays ayant enregistré un changement notable dans leur note globale de la CPIA en 2017 est nettement inférieur à celui enregistré l’an précédent. Preuve que les réformes portées par le président Talon et constatées par la CPIA portent leurs fruits.
A la page 10 dudit rapport, il est noté que « le Bénin, le Cameroun et le Togo ont progressé en termes de gestion budgétaire ». Il y est fait mention de ce que l’environnement des affaires s’est notablement amélioré au Bénin. Et, si le Rwanda continue d’être en tête du classement suivi de pays comme le Sénégal qui a une note de 3,8, à l’échelon régional et mondial, avec une note de 3,5, le Bénin ne fait pas non plus piètre figure en se logeant à la 9e place. Surtout si l’on considère que dans l’ensemble, un peu plus de la moitié (20) des pays de la région qui empruntent auprès de l'IDA ont affiché des performances relativement faibles.
A la page 52 du même rapport au chapitre des fiches pays, la note du Bénin le classe dans la catégorie supérieure à la moyenne et loin du groupe des moins performants.
En matière de politique budgétaire, le Bénin a la note de 3,5 alors que la moyenne est de 3,0. Relativement à la gestion de la dette, avec 4,0 points notre pays se démarque de la moyenne de 3,1. Il en est ainsi des politiques structurelles (4,0) liées au commerce, du cadre de réglementation des entreprises (3,5 contre 3 points en moyenne) ; quant aux Politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité, le Bénin affiche une performance de 3,4 contre une moyenne de 3,2. La déclinaison de cette performance montre que sur le registre de l’Égalité des sexes le Bénin a la note de 3,5 contre une moyenne de 3,2 ; en matière d’Équité dans l’utilisation des ressources publiques, la note est de 3,5 contre une moyenne de 3,3 ; seulement, en Protection sociale le Bénin demeure dans la juste moyenne de 3,0 points. Quant à la Transparence, redevabilité et corruption dans le secteur public, le Bénin s’en sort avec une note de 3,5 contre 2,7, et pompon sur le bouchon, l’administration béninoise jugée il y a peu encore de permissive, a une bonne cote, car la Qualité de l’administration publique est notée sur 3,0 contre une moyenne de 2,8. Soit au total une note CPIA de 3,5 supérieure à la moyenne IDA (Association internationale de développement, la branche du Groupe de la Banque mondiale qui accorde des crédits aux pays les plus pauvres) en Afrique subsaharienne avec une évolution sensible par rapport à l’année précédente de 0,1.
Il s’avère donc, au regard de des résultats relevés par la CPIA que les réformes entreprises par le gouvernement depuis 2016 portent leurs fruits?
Paul AMOUSSOU

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