L’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB), suite à l’interprétation faite des dispositions du code de procédure pénale par Me Joseph Djogbénou, garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, par rapport à l'exécution de mandat d'arrêt décerné contre l'honorable Atao Mouhamed, s’est réunie en Assemblée générale extraordinaire ce vendredi 4 mai.

Après analyse des propos tenus par ce dernier sur ‘’Frissons Radio’’ en marge de la présentation du compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 2 mai 2018 et mettant en cause l'attitude du juge d’instruction et du juge des libertés et de la détention, l’Assemblée générale constate que ses déclarations constituent non seulement une interprétation inexacte des dispositions du code de procédure pénale mais également une atteinte grave à l'office du juge et à l'indépendance de la justice. Elle fustige avec gravité, par conséquent, cette immixtion flagrante de l'Exécutif dans la conduite de certaines affaires en cours.

« Cette attitude du Garde des Sceaux, dont le chef est le Président de la République, garant au demeurant de l'indépendance de la Justice et Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, vise à intimider voire terroriser les magistrats et partant caporaliser le pouvoir judiciaire », relève-t-on dans le communiqué sanctionnant cette assemblée générale extraordinaire et signé de Marc Robert Dadaglo, président du bureau exécutif de l’UNAMAB.

Aussi tient-elle à rappeler au gouvernement notamment au ministre de la Justice, le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs qui constitue le socle de l'État de droit et de la démocratie. « Il n'est pas des prérogatives de l'exécutif de juger encore moins livrer aux gémonies les actes des acteurs judiciaires », clarifie-t-on à travers ce communiqué rendu public.

 

Évaluer cet élément
(3 Votes)
Lu 1340 fois