L’Union sociale libérale (Usl), née le week-end dernier, fait couler beaucoup d’encre et de salive avec la présence au sein de son bureau, de certains hommes politiques appartenant à d’autres formations politiques qui n’auraient pas démissionné de leur parti d’origine avant
d’aller poser leurs valises chez le richissime homme d’affaires Sébastien Ajavon. Cette ‘’posture’’ politique relance la question de l’urgence de la réforme du système partisan.

Quatre noms de ténors politiques retrouvés dans le bureau politique de l’Union sociale libérale (Usl) créée, le week-end dernier, par le richissime homme d’affaires Sébastien Germain Ajavon, suscitent la polémique. Il s’agit de l’honorable Léon Basile Ahossi, membre du parti de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) et élu sur la liste de l’alliance Union fait la Nation (Un) à l’Assemblée nationale, des anciens députés Zéphirin Kindjanhoundé, président du parti de l’Union pour une dynamique démocratique Wôlôguèdè (Udd-Wôlôguèdè) et André Dassoundo, président du Front d’action panafricain pour le développement économique et social (Fades). Ils sont tous casés dans le bureau de l’Usl respectivement aux postes de 1er adjoint au délégué général, premier responsable à l’organisation et responsable chargé de la formation. Le quatrième ténor est Emile Koudjo, conseiller communal à Adjarra, élu sur la liste du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji. Il est fait 3e adjoint au coordonnateur général et chargé de la propagande de ce nouveau-né dans l’arène politique.
Seulement, la présence de ces quatre hommes politiques au sein du bureau du parti de Sébastien Germain Ajavon suscite des vagues d’indignations de l’opinion qui ne comprend pas comment cela peut être possible. Surtout qu’elle n’a pas la certitude que les intéressés aient démissionné de leurs partis d’origine. Des indignations bien fondées d’autant que l’article 26 de la loi n°2001-21 du 21 février 2003 portant charte des partis politiques au Bénin est bien clair en cette matière. Il dispose que : « Tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques est libre d’adhérer au parti politique de son choix. Il est tout aussi libre d’en démissionner. Toutefois nul ne peut être membre de plus d’un parti politique ». Les quatre ténors devraient donc se conformer à cette disposition légale en démissionnant de leurs partis respectifs avant de sauter pieds joints à l’Usl. Une formalité que nous informe avoir rempli, de son côté, le député Léon Bassile Ahossi, joint lundi dernier par téléphone. Il dit avoir fait les choses dans les règles de l’art. Il a pris soin de démissionner d’abord de l’Undp et ensuite de l’Un. « Je suis juriste même si je ne suis pas pratiquant. J’ai fait ce que je dois avant d’adhérer à l’Usl », insiste-t-il.

Instabilité

Mais si Léon Basile Ahossi a préparé son départ de l’Undp et de l’alliance politique Un, tel semble ne pas être le cas de Zéphirin Kindjanhoundé. Il n’aurait pas démissionné de l’Udd-Wôlôguèdè qu’il préside. Contacté par téléphone, lundi dernier, l’ancien député est resté évasif quant à la question de savoir si oui ou non il a déposé sa démission avant de signer son adhésion à l’Usl. Selon lui, cette démission ne devrait pas être une obligation d’autant que l’Usl est un regroupement de partis politiques. L’Union sociale libérale serait le contenant et les autres partis politiques membres en constituent le contenu, estime Zéphirin Kindjahoundé. Une explication que bat rapidement en brèche un autre ténor de la nouvelle formation politique qui clarifie et martèle que l’Usl est un parti politique et non une alliance politique. Quand bien même, elle ambitionne d’aller vers un grand regroupement politique pour la conquête du perchoir de l’Assemblée nationale en 2019 et du pouvoir présidentiel en 2021.
Tout comme Zéphirin Kindjanhoundé, le conseiller communal Prd Emile Koudjo n’a pas non plus déposé sa démission au niveau de son désormais ancien parti. Le Prd n’a reçu aucune lettre de démission de sa part, informent plusieurs sources proches du bureau politique du parti du président de l’Assemblée nationale. Même si celles-ci renseignent qu’Emile Koudjo a pris ses distances vis-à-vis du parti depuis l’élection présidentielle de 2016 où il a soutenu le candidat Sébastien Germain Ajavon, arrivé troisième de ce scrutin. Mais ce n’est pas une raison pour lui de ne pas démissionner du Prd avant de se rallier à l’Usl.
Il devrait en être de même pour l’ancien député André Dassoundo. Ce n’est pas évident qu’il ait démissionné en amont de son parti Fades qu’il a créé en 2004, même si plus personne n’entend parler de ce Front depuis plusieurs années. Toutes les tentatives pour joindre l’ancien député ont été infructueuses.
Cette instabilité des hommes politiques béninois, dans un cas comme dans l’autre, vient une fois encore prouver la pertinence de l’initiative du président de la République de réformer le système partisan béninois. Des dispositions contraignantes doivent être prises pour empêcher autant que faire la transhumance politique qui semble être le sport favori de la plupart des politiciens béninois. Il y va vraiment de l’intérêt de la démocratie béninoise.

Évaluer cet élément
(1 Vote)
Lu 2907 fois