Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont tenu, samedi 10 février à la place Bio Guèra de Parakou, leur deuxième congrès ordinaire. Ces assises placées sous le thème « Œuvrons pour une société juste, de paix et sans pauvreté avec l’homme au centre du développement » ont connu la participation effective de leur leader charismatique, l’ancien président de la République, Boni Yayi et d'une forte représentation des membres de la classe politique nationale. L’honorable Valentin Djènontin Agossou a été élu par acclamation à la tête du parti que les congressistes ont créé.

Avec les nouvelles orientations que les Fcbe se sont données au cours de leurs assises du week-end dernier à Parakou, l’Opposition a désormais un nom et un visage au Bénin. Jusque-là considérées comme une alliance, elles sont devenues un parti politique. C’est pour faire face aux enjeux politiques en perspective. L’unanimité n’ayant pas été faite autour de la dénomination de Parti démocratique du peuple (Pdp) proposée, les congressistes ont gardé l’ancienne. Le logo qui est un cauris sur un fond vert a été maintenu. 

De grandes mutations ont également été opérées au sein de son bureau directeur. Il y a aujourd’hui, six postes de secrétaires exécutifs nationaux dont cinq adjoints. A la tête de l’alliance depuis 2006, en tant que coordonnateur national, Eugène Azatassou s’est vu remplacé par le député Valentin Djènontin, nouveau secrétaire exécutif national. Théophile Yarou, Komi Koutché, Simplice Codjo, Tigri Alassane et Paul Hounkpè sont respectivement les premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième secrétaires exécutifs adjoints. L’ancien président de la République, Boni Yayi, prend la présidence d’honneur du parti. Organiser la reconquête du pouvoir et en préparer la gestion, tels sont les défis assignés à la nouvelle équipe dirigeante. Leur premier test sera les prochaines élections législatives de 2019.
Selon Eugène Azatassou, l’objectif poursuivi, c’est la mise en place d’une organisation qui permettra la mobilisation des populations et la construction d’une société de justice, de paix, de progrès et d’équité. Il s’agit pour les Fcbe, a-t-il insisté, de prendre les devants et de susciter autour d’elles, le rassemblement de toutes les forces politiques en un large front contre « la politique de la ruse et de la rage... ».

Une démonstration de force

En effet, annoncé à grands cris depuis plusieurs jours, le deuxième congrès ordinaire des Fcbe a effectivement eu lieu le week-end dernier à Parakou. La place Bio Guéra de la ville qui a accueilli la cérémonie d’ouverture de l’évènement, samedi 10 février dernier, a refusé du monde. Les organisateurs ont très tôt été débordés par la marée humaine qui a pris d’assaut les lieux. Cette effervescence des grands jours, il y a longtemps que la cité des Kobourou l’a vécue. Les pronostics ont été déjoués.
Evalués entre 25 000 et 30 000, les militants et la population de la ville voulaient voir et écouter le leader charismatique de leur regroupement politique, Boni Yayi dont l’intervention était très attendue à la cérémonie d’ouverture du congrès.Tous n’avaient de cesse, de l’appeler au secours. D’autres, munis de lampes torches ou de lanternes allumées en plein jour, tentaient de le retrouver.
En effet, si ce n’est pas à cette occasion, l’ancien président de la République n’est plus réapparu en public au Bénin, il y aura bientôt deux ans. Religieusement, a-t-il suivi, les messages des partis ou regroupements politiques, puis des représentants des leaders politiques venus apporter leur soutien à la tenue de ce congrès des Fcbe. Wabi Fagbémi et Raphaël Akotègnon étaient les membres de la délégation du Parti du Renouveau démocratique (Prd) à ce congrès. Que ce soit le Réseau Atao, le Parti pour la libération du peuple (Plp), le Front pour le sursaut patriotique (Fsp), le Parti communiste du Bénin (Pcb), la Renaissance du Bénin (Rb) de Léhady Soglo, le Parti social démocrate (Psd) d’Emmanuel Golou, l’Union pour la relève (Upr), l’envoyé de Sébastien Ajavon, le président Nicéphore Soglo représenté par son fils Ganiou Soglo, tous ont peint en noir la situation socio-politique actuelle du pays. Ils ont fustigé la gestion du régime de la « Rupture ». « C’est incroyable. Une telle gouvernance n’a jamais été vécue. C’est une gouvernance qui nous recule. On détruit et on appauvrit les pauvres, pour s’enrichir soi-même », a déploré Eugène Azatassou. Face à une telle situation, explique-t-il, il fallait que l’alliance des Fcbe se redresse, se consolide et lutte pour l’instauration d’une gouvernance qui place l’homme au cœur du développement. « La gouvernance que nous avons soutenue pendant dix ans est à l’antipode de celle que l’on nous propose aujourd’hui et nous ne pouvons pas soutenir cela », a-t-il laissé entendre.
Avant ces intervenants, c’est l’honorable Amadou Issifou qui a donné un carton rouge à la gestion du gouvernement de la Rupture, avant de déclarer son grand retour aux Fcbe. L’honorable René Bagoudou de Banikoara l’a également suivi, en réaffirmant son appartenance aux Fcbe?

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