Tel un coup de massue, la nouvelle a mis en émoi les Béninois qui s’attendaient à tout sauf à une telle perte en ce début d’année. La mauvaise nouvelle continue de susciter des réactions aussi bien dans le monde politique que dans le rang des anonymes. Florilège des témoignages rendus à la militante sur les réseaux sociaux…

 

Reckya Madougou, ancienne ministre de la Microfinance

« A mes yeux, madame Rafiatou Karim aura incarné une inspiration pour plusieurs générations de femmes sur les chemins de leur émancipation.

De sa position de précurseur du militantisme au féminin, elle a bien souvent su nous entraîner dans les méandres de son parcours à travers l'exemple de la richesse de son expérience dans l’animation de la vie politique.

Gardons sa flamme allumée autour de nous pour qu'à jamais, résonne haut et fort la voix de la gente féminine dans la longue marche de nos pays vers un développement harmonieux.

Mesdames, l'essentiel des ingrédients nécessaires pour être utile à sa Nation réside en chacune de nous. Puissions-nous les déployer nonobstant les sacrifices qu’il nous en coûte... »

 

Christhelle Houndonougbo, présidente du Congrès du Peuple pour le Progrès (CPP)

"Je salue la mémoire d'une femme d'exception: KARIM RAFIATOU !
Elle a forgé une belle image de la femme Béninoise engagée dans la lutte pour le développement.
Elle a combattu le bon combat !
KARIM RAFIATOU a laissé en chaque Béninoise, l’espoir d'une vie meilleure !
Repos éternel chère dame !"

 

Serge Mathias Tomondji, journaliste béninois exerçant au Burkina Faso

« Je viens d’apprendre avec tristesse le décès, ce 4 janvier à Paris, des suites d’une longue maladie, de Rafiatou Karimou, première femme ministre du Bénin et qui s’était engagée, quasiment toute sa vie, dans la lutte pour l’émancipation des femmes. Militante chevronnée et femme résolument engagée, elle fut tour à tour chef de district — première femme nommée à ce poste en 1975 —, mais aussi ministre de la Santé publique, puis ministre de l’Enseignement maternel et primaire, de 2003 à 2006.
C’est assurément l’une des figures emblématiques de la période révolutionnaire au Bénin (1972-1990), une admirable femme battante ayant loyalement servi aux côtés du défunt président Mathieu Kérékou, qui vient de s’éteindre. Ancienne présidente de la puissante Organisation des femmes révolutionnaires du Bénin (OFRB), celle qui dirigeait entre autres le Réseau des femmes baromètres de la démocratie — au moment où je l’ai rencontrée la première fois, et désormais la dernière, en janvier 2015 à Cotonou au détour d’une mission professionnelle —, me faisait justement part de son inquiétude au sujet de la situation de son pays. « Les acquis de la conférence nationale sont en danger », m’avait alors confié Rafiatou Karimou qui, du haut de ses 69 printemps, débordait alors encore d’énergie pour animer ce réseau mis en place pour «contrôler et mesurer la gouvernance dans le pays».
Une grande dame s’en est allée. Paix à son âme… »

 

 

 

 

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