Loin des faits de gestion à lui reprochés par les conseillers qui ont décidé de lui retirer leur confiance, d’autres charges et pas des moindres pèsent sur le maire de Djougou.

Cinq jours après la demande de convocation d’une session extraordinaire pour vote de défiance à son encontre par 28 des 29 conseillers que compte le conseil communal de Djougou, le maire Alassane Zoumarou se refuse à tout commentaire. Contacté, il dit ne rien vouloir dire sur la situation qui prévaut au niveau du conseil communal dont il préside depuis plus d’un an les destinées. S’excusant presque de cette décision, il affirme réagir quand il le jugera nécessaire.
Au sein du collectif de conseillers de la commune de Djougou qui a décidé de lui retirer sa confiance, le ton est à la fermeté. Personne ne semble vouloir accepter qu’une médiation de l’autorité de tutelle puisse ramener les choses en place. « Notre position est irréversible. Nous avons des comptes à rendre à nos populations mais avec lui c’est le recul total. Si on ne peut pas rattraper le temps perdu, il vaut mieux arrêter de perdre encore du temps avant qu’il ne soit trop tard. Dans le processus du développement, nul n’est indispensable et nous jugeons aujourd’hui que son départ sera salutaire pour le développement de notre commune », indique Massoud Mamoudou, chef du 3e arrondissement de Djougou.
Outre les faits à lui reprochés dans la demande formulée par les 28 conseillers et qui se résument à une gestion solitaire et conflictuelle avec les chefs d’arrondissement, le personnel de la mairie et même les responsables des services déconcentrés de l’Etat, à la mauvaise gouvernance et au non-respect des délibérations du conseil communal, les dissidents évoquent le populisme du maire avec en toile de fond le procès permanent fait aux élus communaux sur les places publiques, coupables à ses yeux de faits dont il est le seul à en maîtriser la teneur. Les réduisant au rang d’ennemis qu’il faut mettre de côté. « Au lieu de s’attaquer aux problèmes essentiels de la commune, il a divisé tout le conseil communal. Il y a d’un côté, ses partisans qui ont toutes les faveurs et de l’autre, ses ennemis qui n’ont droit à rien. Même pas à la parole lors des sessions », ajoute le chef d’arrondissement aux côtés de certains de ses pairs.
Des relations tumultueuses qui ont pour conséquence, le faible taux d’exécution du budget communal évalué à 13%.
Se rappelant de l’échec de la dernière tentative de destitution du maire, les conseillers se disent unis aujourd’hui pour faire front à toute action visant à renverser la tendance actuelle.
« En son temps on avait recueilli une vingtaine de signatures mais certains conseillers par la suite se sont rétractés. On voyait le danger venir et on a voulu l’arrêter mais les gens ne nous ont pas compris. Ce sont ceux qu’il considérait comme étant de son camp qui se sont retournés aujourd’hui contre lui pour nous permettre d’avoir cette position confortable que nous avons », admet Massoud Mamoudou.
Il rejette l’hypothèse d’une manipulation politique. « S’il y avait une main derrière notre décision, ce serait pour protéger le maire et non pour le destituer. C’est une décision du conseil communal prise en toute responsabilité. Il est issu d’une majorité qui est toujours en place », relève-t-il?

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 5648 fois