Convoquée pour hier, jeudi 7 septembre, la troisième session ordinaire du conseil communal de Lokossa n’a pas pu débattre des 14 points inscrits à l’ordre du jour. Le maire, ayant constaté que seuls neuf conseillers sur 19 ont répondu à sa convocation, n’a eu d’autre option que de reporter la session à lundi 11 septembre prochain. Pour la deuxième fois consécutive donc, le camp des frondeurs s’impose au maire Pierre Awadji et ses soutiens.

La date du lundi a été retenue suivant les dispositions de l'article 21 de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes du Bénin. Le camp des frondeurs conscient qu’au terme de cette disposition légale, cette seconde session peut valablement délibérer quel que soit le nombre de conseillers présents, les membres annoncent déjà leur retour. Une suspension de la politique de chaise vide donc mais qui est loin de garantir un autre résultat que l’ambiance de blocage des travaux observée au cours de la session du 28 juin dernier. Leur porte-parole, Séverin Hounnou, chef de l’arrondissement central de Lokossa, le dit sans ambages. « Il nous a convoqués pour le lundi prochain. On sera là. On ira jusqu’au bout », a-t-il déclaré. Que reprochent Séverin Hounnou et ses camarades « de lutte », dont le premier adjoint au maire, Valère Dogué ?

Les griefs

A en croire le chef de l’arrondissement central de Lokossa, Séverin Hounnou, les raisons du boycott de la session d’hier sont identiques aux griefs ayant motivé le rejet de la plupart des dossiers soumis le 28 juin dernier. « Rien n’a été corrigé. Tout ce qu’on est en train de dire, c’est de nous associer à la gestion de la commune », a-t-il revendiqué pour le compte de son groupe. Après avoir dénoncé quelques actes de gestion des affaires de la ville auxquels, l’élu des Forces démocratiques unies (Fdu) s’emporte : « Je ne suis pas un conseiller pour aller lever seulement la main dans la salle de conférence de la mairie ». « Depuis qu’on a rejeté tous les points (de la session précédente, ndlr), il (le maire, ndlr) n’a pas cherché à savoir ce qui se fâche », a déploré Séverin Hounnou.

Le maire n’a pas souhaité se prononcer sur ces déclarations. La session boycottée devrait délibérer sur le rapport d’activités du maire au titre des 2e et 3e trimestres et des comptes rendus de plusieurs commissions techniques. Etaient surtout attendues, à l’issue de cette session, entre autres préoccupations de développement, l’adoption ou non du collectif budgétaire et l’attribution de domaine pour le construction des logements sociaux, l’un des volets importants du Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021).

Si le premier adjoint au maire et ses camarades continuent de contrôler la majorité, au sein du conseil communal, dans la même veine, on peut s’attendre lundi prochain encore au blocage des travaux.    

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 4330 fois