Pascal Essou, député de la 11e circonscription électorale a annoncé publiquement, dans la soirée du vendredi 25 août dernier à Aplahoué, son retrait de l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Le député et président du parti ‘’La nouvelle dynamique’’ a donné les motifs de son revirement politique.

«Ce vendredi 25 août 2017, après une délibération du Bureau exécutif national de notre parti, nous mettons fin à notre appartenance à l’alliance Fcbe ». C’est en ces termes que le député Pascal Essou a fixé les esprits sur son repositionnement politique. Cette décision intervient après huit années d’adhésion au creuset politique ayant soutenu le précédent régime. Le député y avait souscrit en 2009 avec le Mouvement d’éveil et de renaissance (Mer-Mifon) qu’il présidait avant de créer le parti ‘’La nouvelle dynamique’’ avec des personnalités telles que Joseph Allétchou, Bernard Ehoun.
«Ma profonde conviction est que nous venons de prendre la meilleure décision dans l’intérêt de notre parti et de nos populations», mentionne la déclaration lue par le député Pascal Esssou lui-même. Il a été applaudi par ses militants et sympathisants réunis à la salle de conférences du Ceg 1 Aplahoué, cadre retenu pour l’activité. Des têtes couronnées et des élus de la 11e circonscription électorale, dont le maire d’Aplahoué Casimir Sossou, ont effectué le déplacement pour soutenir Pascal Essou et les siens. Les députés Dakpè Sossou de la 18e circonscription électorale et Lucien Houngnibo de la 5e circonscription étaient venus également encourager l’acte politique de leur collègue. Ils ont invité les populations à s’arrimer à la vision de Pascal Essou. Car, pour eux, il n’y a point de salut pour les populations dont les élus affrontent le Gouvernement, dépositaire des prérogatives constitutionnelles de mobilisation de ressources et d’exécution des chantiers de développement.
Au Parlement, Pascal Essou prenait déjà fait et cause pour le régime du Nouveau départ. Il fait partie des députés favorables aux actions initiées par le Gouvernement en accordant sa voix aux projets soumis par celui-ci comme ce fut le cas pour la recevabilité de la loi modificative de la Constitution du 11 décembre 1990. Sa déclaration du vendredi dernier ne vise donc qu’à confirmer sa position.
A ceux qui parleraient de trahison par rapport à l’alliance Fcbe, Pascal Essou rappelle qu’il doit le renouvellement de son mandat de parlementaire « aux populations de la 11e circonscription électorale composée d’Aplahoué, de Djakotomey et de Klouékanmè. Celles-ci lui avaient déjà accordé leurs suffrages, pour la première fois, alors qu’il était candidat sur la liste de l’alliance Cauris 2.

Quitter la pauvreté

La décision de soutenir le Gouvernement n’est pas anodin. Elle vise, aux dires du député, à accompagner l’Exécutif et à attirer son attention sur l’état de paupérisation du Couffo pour qu’il l’impacte par ses interventions. Pascal Essou estime que le député qu’il est, ne peut électrifier les villages, donner de l’eau potable, distribuer des micro-crédits, construire des routes et encore moins recruter les jeunes en quête d’emploi. Tant de préoccupations prioritaires et pressantes pour ses mandants, a-t-il dit, dont l’Etat seul en détient la clé de résolution. C'est pourquoi, assure Pascal Essou, ‘’La nouvelle dynamique’’ et lui, ont opté « de soutenir sans réserve le président de la République, Patrice Talon, tout au long de son mandat ». Pour eux, « Le Couffo doit quitter sa position de département le plus pauvre pour devenir attrayant, révélé et capable de redonner espoir à ses enfants ». Aussi s’attendent-ils à participer à la gestion de l’Etat. Ce qui n’a pas été le cas, par le passé, au cours de leur participation aux activités de l’alliance Fcbe et c’est avec amertume que le député, souvent mesuré dans ses prises de parole, s’est lâché. « Fcbe était une alliance de partis mais fonctionnait comme un parti-Etat», soutient le député avant de poursuivre en soulignant qu’aucun des organes de décision ne délibérait». Bien qu’étant député Fcbe, Pascal Essou révèle que sous l’ancien régime, il était «constamment combattu sur le terrain, discriminé dans les avantages» et «contrecarré» dans ses initiatives d’actions pour le mieux-être de ses militants. Toutes choses dont il souhaite tourner la page, grâce à sa nouvelle expérience, au sein du bloc politique soutenant les actions du régime du Nouveau départ?

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