Le congrès du PSD annoncé pour ce 30 juin, n’a pas eu lieu. Et, pour Emmanuel Golou, Casimir Sossou et consorts, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ils y ont d'ailleurs travaillé à Cotonou, jusque tard dans l’après-midi du jeudi dernier. Les autres protagonistes, leurs vis-à-vis, au coeur de la dissension qui mine cette formation politique, étaient eux-aussi, à l’affût. Ils ont fini par prendre le dessus sur les premiers, en brandissant l’arme judiciaire.

Il aura suffi d’une décision de justice pour étouffer, dans l’œuf, toute velleité de congrès. L’ordonnance du Tribunal de Première Instance de Cotonou, notifiée par exploit d'huissier à Emmanuel Golou, est sans équivoque. « Vu l’urgence. Interdisons jusqu’à nouvel ordre, la tenue de tout congrès notamment le congrès national du Parti social-démocrate (Psd), prévu pour avoir lieu le 30 juin 2017, sur la convocation faite par les représentants des organes dudit parti dont l’existence n’a pas été déclarée et enregistrée au ministère en charge de l’Intérieur », lit-on dans la décision du magistrat Jacques Hounsou. Et ce, au motif de risque d’éventuel trouble à l’ordre public. Mais surtout la qualité des organisateurs, notamment celle de leur leader Emmanuel Golou, son titre, de président en exercice du Psd, est en cause, au regard des dispositions de la Charte des partis politiques.

Il est en effet mentionné dans l’ordonnance, « Que maître Antoine C. Lassehin, huissier de justice a été commis pour procéder, le 15 juin 2017, au compulsoire des registres du ministère de l’Intérieur. Qu’il ressort du compulsoire que depuis 2004 à ce jour tous les changements et modifications intervenus dans la direction et l’administration du parti n’ont pas été enregistrés au ministère en charge de l’Intérieure comme l’exige la Charte des partis politiques. Que la conséquence de cette non déclaration est l’inexistence de ces organes du parti à l’égard du ministère et que lesdits organes ne sont pas opposables aux tiers ». Tels sont les faits qui ont fondé la décision d’interdiction du congrès envisagé par Emmanuel Golou. va-t-il se relancer en opposant de preuves contraires et irréfutables ? Les échos laissent croire, en tout cas, que l’épilogue de la crise au sein du Psd est loin d'avoir été écrit .

Golou et les siens affûtent, selon quelques indiscrétions, des arguments qui pourront les conforter. Notamment, il est fait cas de ce qu'Emmanuel Golou a assumé jusqu’en 2015, l’intérim de Bruno Amoussou, avant de se voir confirmé à la tête du Psd.

Au demeurant, quelles sont les motivations de cette crise au PSD? Les confidences font état des enjeux liés aux prochaines élections, qui nécessitent le contrôle de l'appareil du Psd. En effet, il serait reproché  à Emmanuel Golou de prendre ses distances vis-à-vis des activités de l’Union fait la Nation (UN). Ce qui pourrait laisser croire que le PSD peut reprendre son autonomie. Et, ce faisant, Emmanuel Golou priverait, par ricochet, le président de l’UN, Bruno Amoussou de la présence du Psd, sa base politique. L’UN étant une alliance de partis politiques. 

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