Le 3e congrès ordinaire du parti Restaurer l’Espoir présidé par Candide Azannaï, s’est  tenu ce samedi 03 juin au palais des Congrès à Cotonou.  L’exercice n’a pas dérogé au genre en la matière.  Aux termes des travaux, le parti a décidé de prendre ses distances avec le gouvernement Talon.

C’est dans une salle comble que s’est ouvert ce samedi, le 3e congrès ordinaire de Restaurer l’Espoir sous le thème évocateur « Crédibilité politique et confiance politique, s’engager pour l’intérêt général ». Comme à ce genre de rendez-vous, les représentants des partis amis et invités se sont prononcés.  En leurs noms ou partis, Atao Hinnouho, Eric Houndété, Lehady Soglo, Zéphirin Kindjanhoundé, Jean Michel Abimbola, etc. ont sacrifié à cet exercice. Qui pour saluer la tenue du congrès, qui pour faire l’ode du président de Restaurer l’Espoir. La plupart des discours ont aussi porté sur l’œuvre qui doit être celle des politiques afin que des réponses soient trouvées aux attentes du peuple, et que la démocratie soit confortée. A été très remarquable, la présence du couple Nicéphore et Rosine Soglo. Si le premier, rappelant ses hauts faits d’armes en tant qu’administrateur de la Banque mondiale, s’est une fois encore prononcé sur son dada, à savoir la question de développement en Afrique, la doyenne des députés avec le style qui lui est caractéristique s’est elle plutôt contentée de prodiguer de sages conseils à son auditoire pour que le pays et ses habitants se portent au mieux possible, notamment les femmes.

Attendu, Candide Azannaï a plus que jamais endossé le manteau du défenseur des intérêts du peuple, dans son discours qui s’est voulu très social. Paix sociale, solidarité, intérêt général, mieux-être, consensus, ont été les maitres-mots de son intervention à travers laquelle, les termes crédibilité, confiance notamment en politique,  sincérité, éthique, respect des normes, ont résonné en signal fort. De  sa voix fluette, Candide Azannaï a pris des accents de Jaurès et de Georges Marchais, grandes figures socialistes.

Comme inscrit à leur agenda, les congressistes, après cette cérémonie, n’ont pas non plus manqué de faire la revue des textes du parti et de se prononcer sur ses grandes orientations.  Aux termes des travaux, le parti suspend toute relation avec le pouvoir Talon.     

 

Choix cornélien

Ce congrès, outre qu’il a statué sur la vie du parti, intervenait dans un contexte particulier. Candide Azannaï, proche du président Patrice Talon, a démissionné contre toute attente du gouvernement de celui-ci depuis avril dernier, soit un an après l’avènement du Nouveau départ dont il a été une cheville ouvrière.

Aussi, l’opinion nationale, interloquée par ce revirement spectaculaire, est-elle suspendue à ses lèvres et espérait qu’au détour du présent congrès, il en dira plus que les phrases énigmatiques qu’il a proférées jusqu’à présent à ce propos. Et qu’il  lèvera enfin le voile sur les motivations de sa démission. Il n’a toujours pas pipé mot des raisons d’un tel choix. Encore moins procéder à une attaque en règle du gouvernement qu’il vient de quitter, même si de façon sibyline, il a lancé quelques piques.

A ce congrès, de deux choses l’une, soit les liens amicaux l’emportent sur la raison politique, auquel cas, Candide Azannaï se contentera de statuer sur les affaires de son parti. Soit, se saisissant de l’opportunité, il règle ses comptes, si compte il y a.

Au-delà même de la nature de ses relations avec le président de la République, l’amititié étant un terme peu compatible il faut l’avouer avec la politique, c’est l’homme d’Etat qui chez Candide Azannaï était sollicité, face à l’épreuve, car les valeurs républicaines astreignent à une certaine obligation de réserve. S’en affranchir, est un choix personnel qui renseigne de go sur l’approche de celui qui le fait des notions telle la raison d’Etat, la conception même de la République. Choix manichéen donc pour Candide Azannaï, ou si l’on préfère, trame cornélienne. Son parti n’a pas moins statuté sur la gestion du pays, les résultats des actions du gouvernement actuel au regard des difficultés auxquelles les Béninois sont confrontés, le positionnement de Restaurer l’Espoir vis-à-vis du pouvoir en place, etc. Autant d’items qui démontrent à satiété que ce parti est en phase avec son leitmotiv : œuvrer pour un mieux-être des populations. Et qu’il est resté collé au thème du congrès, à savoir « Crédibilité politique et confiance politique, s’engager pour l’intérêt général ». C’est  donc sans grande surprise que le Restaurer l’Espoir, aux termes de ses travaux a opté de suspendre toute collaboration avec le régime Talon.   

Évaluer cet élément
(4 Votes)
Lu 1506 fois