Le député Issa Salifou alias Saley a créé, ce mardi 23 mai, un groupe parlementaire baptisé « La voix du peuple » avec huit de ses collègues. Mais à peine constitué, ce nouveau groupe parlementaire reste à être validé à cause de la présence ambiguë du député Ahmed Tidjani Affo Obo dans ses rangs.

« La voix du peuple », c’est la dénomination du nouveau groupe parlementaire présidé par le député Issa Salifou alias Saley. La déclaration politique de constitution a été lue par l’honorable Mohamed Atao Hinnouho à la tribune de l’hémicycle à l’issue de la séance plénière d’hier. Le Groupe parlementaire « La voix du peuple » se réclame de la minorité parlementaire et s’engage à s’opposer à toutes les initiatives du Gouvernement qui iraient à l’encontre de l’intérêt du peuple, des acquis démocratiques, de la restriction des libertés publiques. Le groupe entend s’opposer à l’injustice, au népotisme, à la confiscation du pouvoir et autres. Une position qui ne devrait d’ailleurs pas surprendre à voir la composition de ce groupe parlementaire constitué uniquement des députés ayant voté contre la prise en considération du projet de révision de la Constitution, le 4 avril dernier.
Outre Mohamed Ataou Hinnouho et Issa Salifou, ce groupe parlementaire est composé des honorables Justin Adjovi, Issifou Amadou, Jean-Marie Allagbé, Simplice Codjo Dossou, Nourénou Atchadé, René Bagoudou et Ahmed Tidjani Obo alias Souwi. C’est justement la présence de ce dernier au sein de ce groupe qui fait polémique. En effet, le député Ahmed Tidjani Affo Obo avait envoyé au président de l’Assemblée nationale une lettre pour annoncer sa démission du groupe parlementaire « Nation et Développement » présidé par Rosine Vieyra Soglo. Mais cette lettre devrait être lue au nombre des communications à l’entame de la plénière d’hier et ce, conformément à la procédure parlementaire. Mais avant l’ouverture de cette séance plénière, le député de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt) a joint par téléphone la première secrétaire parlementaire Sofiath Schanou pour lui demander de surseoir à la lecture de sa lettre de démission. Celle-ci a porté l’affaire au président Adrien Houngbédji qui a émis des réserves par rapport à cette demande orale. Celle-ci doit être faite par écrit conformément à la rigueur administrative. Le député de la 14e circonscription électorale a été joint à nouveau par Sofiath Schanou qui l’a informé des observations du président de l’Assemblée nationale l’invitant à formaliser par écrit son revirement.

Ambiguïté

A en croire la première secrétaire parlementaire qui a fait le point des tractations à la plénière, Ahmed Tidjani Affo s’est laissé désirer jusqu’à l’ouverture de la séance. Mais grande a été la surprise du président Adrien Houngbédji et de Sofiath Schanou de retrouver leur collègue au sein de ce nouveau groupe parlementaire présidé par Issa Salifou alias Saley. La confusion est totale et l’affaire a fait l’objet d’un débat houleux hier à l’hémicycle, étant donné que le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale n’autorise pas un député à appartenir à deux groupes. Avant d’appartenir à un nouveau groupe parlementaire, le député Ahmed Tidjani Affo doit quitter au préalable et sans ambiguïté le groupe parlementaire « Nation et Développement » auquel il appartient actuellement. Ce qui n’est pas encore le cas. On attend d’ici la prochaine plénière prévue pour vendredi 26 mai prochain pour voir si le député Abt va clarifier sa position et préciser s’il est de l’ancien ou du nouveau groupe parlementaire. Cette clarification est vraiment importante pour la validation du nouveau groupe parlementaire par le président de l’Assemblée nationale. Au cas où il déciderait de quitter le groupe parlementaire « Nation et Développement », celui-ci va voler en éclats. Mais si Ahmed Tidjani Affo Obo décide de faire marche arrière, c’est le nouveau groupe parlementaire « La voix du peuple » qui va perdre sa validité. Tous les regards sont désormais tournés vers le député de la 14e circonscription électorale, lui qui a présenté samedi 20 mai dernier à Bassila, des excuses publiques à ses mandants et surtout au président de son alliance, le ministre Abdoulaye Bio Tchané, pour avoir pris le contre-pied du parti lors de l’examen du dossier de révision de la Constitution initié par le Gouvernement?

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