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Protection du parc de la Pendjari: L’épreuve de longue haleine

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Publié dans Société
jeudi, 12 janvier 2017 04:27

Le parc de la Pendjari en dépit des équipes de surveillance déployées pour le préserver fait l’objet d’actes de braconnage. La pression anthropique de plus en plus forte n’est pas pour favoriser la protection de la biodiversité.

Dans la grande cour de la direction du parc national de la Pendjari à Tanguiéta, de nombreux vélos regroupés au sol attirent l’attention des visiteurs. De diverses tailles et marques, ces bicyclettes appartiennent à des braconniers surpris en pleine activité illicite dans le parc de la Pendjari par les équipes de surveillance déployées pour la protection des espèces animales. A l’occasion des patrouilles des différentes équipes renforcées par les forces de sécurité, les éco-gardes ainsi que des chasseurs locaux, ces vélos sont saisis et les braconniers arrêtés s’ils ne réussissaient pas à s’enfuir. Tirer sur eux est formellement interdit. Un peu plus loin sur la cour sont également étalés les gigantesques pièges à animaux appréhendés par ces patrouilles au cours de leurs interventions. Des pièges en fer fabriqués artisanalement pour capturer dans le parc des espèces animales. Selon le commandant Benoît Tchogou, directeur par intérim du parc national de la Pendjari, c’est la veille permanente à l’intérieur de la réserve de faune pour décourager les actes de braconnage. Les pièces à conviction que constituent ces vélos et pièges sont à détruire, indique-t-il. Ce qui n’est pas le cas des animaux abattus par les braconniers. La viande fumée est envoyée aux indigents, prisonniers et aux religieux contre décharge, note le directeur.
En dépit de la présence des équipes de surveillance et des divers projets visant une réduction de la pression anthropique sur les ressources du parc de la Pendjari, les actes de braconnage persistent.
Quoique de nombreux braconniers dont les expéditions décimaient la faune ont dû ranger leurs armes pour s’adonner aux activités génératrices de revenus tel que l’encourage le Projet d’appui à la gestion des aires protégées (PAGAP) du Centre national de gestion des réserves de faune (CENAGREF) il s’en trouve encore pour aller chercher du bois dans le parc pour la fabrication du charbon ou abattre des animaux, martèle Sorikoua Sambiéni, maire de la commune de Matéri.
Chasseur professionnel local reconverti, Zackarie Youmari confie que les actes de braconnage n’ont pour dessein que de nourrir la famille des braconniers. « Nous vivions du braconnage dans le parc quoique conscients des impacts de notre action puisque n’ayant aucune autre possibilité de nous en sortir », défend-il.
La pauvreté aidant une prise de conscience est loin d’être notée de sitôt dans le rang des populations. En témoignent les nombreuses arrestations de braconniers et autres trafiquants d’ivoire dans les localités de Matéri, Tanguiéta et Cobly, communes riveraines du parc de la Pendjari?

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