Les 19 et 20 février 2015, les opérateurs économiques d’Afrique prennent part au Forum International Afrique Développement à Casablanca, au Maroc. Co-organisée par le Groupe Attijariwafa bank et le Centre marocain de promotion des exportations (Maroc Export), la rencontre qui porte sur le thème «Le temps d’investir», vise à permettre aux participants d’échanger sur les opportunités d’investissement privé en Afrique.

Pour la troisième fois, le groupe Attijariwafa bank réédite l’exploit de la tenue du Forum International Afrique Développement. En partenariat avec le Centre marocain de promotion des Exportations (Maroc Export), il réunit à Casablanca les acteurs économiques d’Afrique et d’ailleurs pour identifier la formule pouvant permettre de promouvoir l’investissement privé sur le continent afin d’opérer son émergence économique.
A la cérémonie d’ouverture du Forum International Afrique Développement, Mohamed El Kettani, président directeur général du groupe Attijariwafa bank, souligne que «l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique».

Cette conviction vient, selon lui, du constat fait par son groupe dans plusieurs pays d’Afrique où il est représenté. Pour Mohamed El Kettani, l’Afrique ne doit plus perdre de temps. Se référant à quelques exemples de performances sur le continent et à certains efforts de développement relevés çà et là, il estime qu’ils constituent des motifs sinon des signes qui obligent à vite opérer des choix de priorités. A ce sujet, il prend à son compte l’orientation du Roi du Maroc, Mohammed VI, selon qui, «l’Afrique a moins besoin d’assistance que de partenariat dynamique».

Il s’agit de ce qu’il appelera le partenariat Sud-Sud rénové qui, à l’en croire, sera porteur d’espoir et de progrès pour les entreprises et les peuples d’Afrique. Ce partenariat, précise Mohamed El Kettani, a pour objectif de contribuer à construire une solution africaine susceptible de répondre aux besoins des acteurs économiques en matière d’investissements. «C’est par les investissements que nous pourrons créer le changement tant attendu», insiste-t-il avant d’ajouter qu’il faut investir dans le développement des réseaux de proximité pour une meilleure bancarisation des populations, dans la réalisation des projets, dans le capital humain pour une jeunesse émancipée et entreprenante. Son groupe fort de plus de 16000 collaborateurs s’investit déjà dans cette entreprise dans 1300 agences pour satisfaire la demande de la clientèle. Selon lui, la thématique «Le temps d’investir» indique que l’heure a sonné pour que «les investisseurs africains se concertent et se mobilisent davantage pour investir en Afrique».

Des partenariats dynamiques

Pour sa part, Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export, souligne la grandeur du continent africain. Le forum, relève-t-elle, fédère et rassemble divers acteurs tels que gouvernants, communautés d’affaires, investisseurs, institutions financières et hommes des médias. Parlant des atouts de l’Afrique, elle dira qu’elle jouit d’une stabilité politique et d’un environnement des affaires en constante amélioration et marqué par des réformes engagées par les gouvernements en vue de faciliter les échanges commerciaux, la création d’entreprises.

Dès lors, elle réaffirme la volonté du patronat et de la Chambre de commerce marocains à sceller des partenariats dynamiques avec l’Afrique en mouvement.
Au nom du gouvernement marocain, Moutay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie, qui a ouvert le forum, a indiqué qu’il est temps pour l’Afrique non pas seulement d’investir, mais aussi de s’investir dans des projets d’intégration économique. Selon lui, le Maroc est le deuxième investisseur d’Afrique après l’Afrique du Sud.

A ce titre, il rappelle que plusieurs entreprises marocaines se sont déployées sur le contient et il faut y ajouter le chaînon manquant qu’est le partenariat Sud-Sud. Il a reconnu que, par le passé, des groupes ont eu des initiatives dans ce sens. Mais au constat, il retient que les Africains sont encore bien loin de leurs capacités de réalisation. Pour ce faire, il propose quatre pistes pour enrichir les réflexions. Il s’agit de rechercher les gisements de complémentarité, d’accélérer l’intégration économique, de continuer à faire émerger le secteur privé et d’améliorer l’environnement des affaires. «Cherchons les modèles qui ont fonctionné et qui permettent une croissance rapide. Il y a un réel besoin de complémentarité et d’intégration économique et de partage d’expériences », suggère-t-il pour soutenir que ce forum offre l’opportunité de réfléchir sérieusement sur le devenir du continent. Mais il n’a pas manqué de mettre le doigt sur une plaie qui gangrène l’Afrique, à savoir que chaque pays conserve ses prérogatives. «Nous avons besoin de complémentarité pour profiter de nos particularités», insiste-t-il avant d’assurer que le gouvernement marocain est disposé à jouer sa partition.

Le Bénin présent au forum

Pour ne pas se faire conter l’événement, le Bénin a eu l’opportunité, grâce à la succursale du groupe Attijariwafa bank basée à Cotonou, de prendre part aux assises de Casablanca. Au nombre des 1700 investisseurs et acteurs économiques de 23 pays dont 17 Africains discutant affaires, on compte près d’une vingtaine de Béninois. Conduits par Abas Haïdara, directeur Afrique du groupe Attijariwafa bank, les opérateurs économiques du Bénin ne sont pas venus en spectateurs. Ils ont pris part à ce rendez-vous avec la volonté de vendre les atouts du pays en matière de potentialités, de réformes et de création d’entreprises. Entre autres, on note la présence de Régis Facia, vice-président du patronat du Bénin, Jean-Baptiste Satchivi, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, sans oublier Robert Akindé, directeur général de l’Agence béninoise pour la promotion des échanges commerciaux (ABePEC). Mieux, le Bénin dispose à cet effet d’un stand pour faire la promotion et donner de la visibilité aux atouts dont tout investisseur pourrait bénéficier en s’installant dans ce pays de 10 millions d’habitants.
Il faut noter qu’au cours du forum, il est prévu la signature des contrats de partenariat, des rendez-vous d’affaires et autres accords. Des panels sont aussi programmés sur des thématiques telles que la diversification des sources d’énergie et sécurité énergétique, la valorisation des ressources agricoles et sécurité alimentaire, les infrastructures : enjeux, mode de partenariat et de financement.

Par Alain ALLABI Envoyé spécial à Casablanca

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 5761 fois
Tags:
  • ,