A l’instar de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en septembre 2014, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se prépare à organiser une table ronde des bailleurs de fonds. Ce rendez-vous vise à mobiliser des capitaux pour financier les projets majeurs de son Programme communautaire de développement.

La Cedeao aussi s’inscrit dans la mouvance des grands projets structurants en vue de construire un espace plus intégré. Le Programme communautaire de développement conçu au niveau de l’organisation régionale sera ainsi présenté à la communauté des bailleurs de fonds à travers une table ronde prévue pour le 30 mars prochain à Abidjan en Côte d’Ivoire. Pour les initiateurs, il s’agit « d’assurer l’appropriation des parties prenantes et des partenaires au développement de la Communauté, et consacrer leur adhésion au Programme en vue de mobiliser les ressources nécessaires à son financement ». Mais l’enjeu principal, c’est de recueillir les intentions de financement des bailleurs de fonds et mobiliser les ressources requises pour la mise en œuvre du Programme.

La Cedeao va à sa table ronde avec un paquet de projets prioritaires dont le financement devra lui permettre de gagner le pari de construire une Communauté de peuples à l’horizon 2020. Le Pcd retient ainsi comme chantiers phares, la construction du corridor de l’autoroute Dakar-Abidjan-Lagos, la réalisation de la boucle ferroviaire régionale Niamey-Kaya, Niamey-Cotonou, Ouangolodougou-Bamako, le projet de ligne maritime de la Cedeao (Sealink), le développement de l’industrie du transport aérien en Afrique de l’Ouest, le projet d'interconnexion 225kv et 330kv des réseaux électriques en Afrique de l'Ouest (Nigeria-Niger-Benin-Burkina; Ghana-Burkina Faso- Mali-Guinée), la construction de centrales électriques solaires et éoliennes dans les Etats membres de la Cedeao. Comme projets prioritaires, l’organisation retient également le programme d'appui à la mise en œuvre de l'Offensive régionale pour la relance durable et soutenue de la riziculture en Afrique de l’Ouest, la réalisation de forages à usage alimentaire dans les Etats membres de la Cedeao, la création de six hôpitaux de référence et la mise en place du Centre de contrôle de maladie (Cdc) et d’une équipe d’intervention (Casques blancs).

Le montant global des financements est estimé à plus de 16,45 milliards de dollars. Seulement 2 milliards de dollars sont disponibles, le gap recherché est évalué à plus de 14 milliards de dollars.
Contrairement au schéma classique de tenue de la table ronde en un seul lieu, la Cedeao a prévu un agenda cohérent qui décline une série de rencontres intermédiaires spécifiques à travers plusieurs villes. La feuille de route prévoit, entre autres, une réunion des experts et ministres sur les projets du secteur de l’énergie fin janvier à Cotonou, une rencontre entre la Cedeao et les investisseurs clés sur les projets prioritaires du Pcd à Abuja avec l'appui de la Banque mondiale et Fewacci début février, une consultation des partenaires au développement en Asie dans le même mois de février, une consultation des partenaires et investisseurs du Moyen Orient sur les projets prioritaires du 6 au 10 mars à Djeddah en Arabie Saoudite.
Avec cette initiative, la Cedeao vient d’emboiter les pas à l’Union économique et monétaire ouest-africaine qui a organisé le 9 septembre 2014 à Dubaï aux Emirats arabes unis, un forum international des investisseurs pour le financement de son Programme économique régional (Per). La rencontre s’est soldée par 19 milliards de dollars de contrats signés, soit 90% des engagements attendus pour une estimation de 200 000 emplois directs à créer. Sauf que depuis lors, ces projets ambitieux ont du mal à se concrétiser.

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