La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le Fonds monétaire international (FMI) ont organisé, mardi 20 septembre à Dakar au Sénégal, une conférence régionale sur l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest. La rencontre retransmise par visioconférence aux sièges nationaux de la BCEAO ouvre des perspectives pour un accès plus accru des populations aux services financiers.

Les efforts des autorités monétaires de l’UEMOA en direction des populations exclues des services financiers classiques ces dernières années sont considérables. Mais les statistiques ne plaident toujours pas en faveur de la région. Selon les données du Fonds monétaire international (FMI), moins de 18% de la population adulte de l’Union a accès aux services financiers, largement en deçà de la moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée à 34%. La conférence régionale sur l’inclusion financière organisée conjointement par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l’institution de Brettons Wood, entend donc ouvrir de nouvelles perspectives pour faciliter l’accès du plus grand nombre aux services financiers. « La problématique de l'inclusion financière revêt un enjeu majeur de développement puisqu'elle est devenue un catalyseur de croissance économique. Il est donc normal que la stratégie d'inclusion financière soit placée au centre de toute politique visant à accélérer la croissance, lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales», souligne Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la BCEAO, à l’ouverture des travaux. La conférence de Dakar, affirme-t-il, offre donc un espace d’analyses des enjeux, de partage des bonnes pratiques et de recherches de stratégies novatrices pour renforcer l’inclusion financière au sein de l’espace UEMOA.

L’impact de l’inclusion financière sur la croissance ne fait aucun doute, relève Mitsuhiro Furusawa, directeur général du FMI. « L’accès aux services financiers ouvre des portes aux familles, en leur permettant de lisser leur consommation et d’investir dans leur avenir grâce à l’éducation et à la santé. L’accès au crédit permet aux entreprises de se développer, en créant des emplois et en réduisant les inégalités», soutient-il. Pour le directeur général adjoint du FMI, le renforcement de l’inclusion financière dans les pays africains, est devenu un impératif au regard des difficultés économiques que traversent actuellement la plupart, après une décennie de croissance soutenue. Précisant la corrélation évidente entre l’inclusion financière et la croissance élevée, Mitsuhiro Furusawa pointe l’urgence de trouver les meilleures méthodes pour favoriser l’accès plus accru des populations aux services financiers. Les bonnes pratiques en matière ne manquent pas de par le monde, rappelle-t-il, citant les succès enregistrés en Chine, en Inde et en Indonésie. Sur le continent africain, des pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya peuvent valablement inspiré des stratégies de développement rapide des services financiers inclusifs. « Les banques centrales jouent inévitablement un rôle crucial dans la mise en place d’un environnement propice à l’accès aux services financiers. Il leur revient de trouver le juste équilibre entre accès aux instruments financiers et protection des banques contre l’instabilité et les risques », insiste le directeur général adjoint du FMI pour qui les TIC offrent aujourd’hui des opportunités d’expansion rapides des services financiers aux populations défavorisées.

Rattraper le retard !

«Plus une économie est financièrement inclusive, plus elle a de chance de croître rapidement, et les inégalités de revenus tendent à diminuer au fur et à mesure que l’inclusion financière augmente», renchérit Amadou Ba, ministre sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan, président du Conseil des ministres de l’UEMOA. Chiffres à l’appui, il précise qu’il a été relevé une corrélation positive entre l’Indice de Développement humain (IDH) synthétisant le progrès économique et social d’un pays et le taux d’inclusion financière. « Les cinq premiers pays au monde ayant l’indice IDH le plus élevé, ont un taux d’inclusion financière avoisinant 100%, contrairement aux cinq derniers pays ayant l’indice IDH le plus faible, qui ont des taux d’inclusion financière compris entre 7 et 14% », assure-t-il. A en croire le président du Conseil des ministres de l’UEMOA, l’adoption en juin dernier du document cadre de stratégie régionale de l’inclusion financière, élaboré par la BCEAO, dénote de l’intérêt des autorités de l’Union à la question de l’accès aux services financiers et leur détermination à agir pour rattraper le retard des Etats membres de l’UEMOA en matière d’inclusion financière. Il reconnait les progrès accomplis ces dernières années dans la promotion de la bancarisation et des moyens de paiement électroniques dont l’utilisation est passée de 16% en 2007 à 61% en 2014. Mais le faible niveau d’inclusion financière crève toujours les yeux et exige des réponses rapides et adéquates. Amadou Ba plaide alors pour que les stratégies nationales soient complémentaires des stratégies régionales de la BCEAO.
La conférence de Dakar a réuni des dirigeants, des experts internationaux, des banquiers et banquiers centraux, ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé. Les échanges ont porté sur l’identification des obstacles à l’accès aux services financiers pour les ménages et les petites et moyennes entreprises, la banque de détail, le rôle des établissements de microfinance et de la banque mobile, ainsi que la gestion des risques en matière de contrôle qui sont liés aux acteurs financiers non traditionnels. La conférence a aussi mobilisé des orateurs d’Afrique de l’Est, où des résultats considérables ont été obtenus en matière d’inclusion financière?

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