L’année 2014 aura été marquée par une chute généralisée des cours des matières premières sur le marché international. Les denrées alimentaires n’ont pas été épargnées par la tendance baissière.

La baisse généralisée des prix sur le marché béninois reflète en réalité la situation de mou qui s’observe sur le marché mondial. L’indice FAO des prix des denrées alimentaires indique une contraction des cours en décembre dernier. La raison, une offre abondante de produits, des stocks record, un dollar plus fort et la chute des cours du pétrole ! Si décembre a enregistré une baisse de 1,7% par rapport au mois précédent, sur l’ensemble de l’année 2014, les prix alimentaires ont connu une baisse globale de 3,7 %, ceci pour la troisième année consécutive, selon les estimations de la FAO. « Ce recul d'une année sur l'autre s'est produit malgré la bonne performance du sous-indice de la viande qui a atteint une moyenne annuelle exceptionnelle de 199 points, soit en hausse de 8,1 % par rapport à 2013. Les cours des céréales, en revanche, ont chuté de 12,5 % par rapport à l'année précédente sous l'effet des prévisions faisant état de récoltes record et de stocks abondants », explique l’agence onusienne. Selon l’institution, quatre de ces indices ont reculé en 2014 et sont quasiment ou presque à leurs niveaux les plus bas en cinq ans. Si les prix des céréales se sont améliorés de 0,4% en décembre, induit les fluctuations au niveau du blé, les cours du riz ont nettement diminué du fait de l'abondance des disponibilités exportables. «L'indice des prix des produits laitiers a reculé de 2,3 %, soit son plus bas niveau depuis la fin de 2009, le ralentissement des importations de la Chine et de la Russie s'étant traduit par d'abondantes disponibilités exportables sur les marchés internationaux. Les baisses de prix les plus importantes concernent le lait en poudre, le beurre et le fromage», souligne la FAO.
La viande a également connu un repli de 1,9% en décembre sous l'effet du regain de vigueur du dollar américain qui a freiné les prix du bœuf et du mouton d'Océanie ainsi que les prix du porc en provenance d'Europe. Cependant, sur une année complète, il a augmenté de 8,1 pour cent par rapport à 2013. «Il est l'unique groupe de produits à enregistrer des prix moyens plus élevés sur l'année», fait-on observer. Les cours du sucre ont chuté de 4,8 %en décembre 2014, soit son plus bas niveau en au moins de quatre ans, principalement en raison de l'abondance de l'offre dans les grands pays producteurs comme le Brésil. La FAO explique que la chute des coûts du pétrole brut, qui a réduit la demande sur les cultures à sucre pour en tirer de l'éthanol, a également pesé sur les coûts internationaux du sucre.
«La baisse des coûts du brut a entraîné des tendances baissières pour les produits pouvant être utilisés pour la production de biocarburant, notamment le sucre, mais aussi l'huile de palme, L'abondance de l'offre mise à part, la baisse des cours du brut rend évidemment la production d'éthanol moins attrayante", commente Abdolreza Abbassian, expert de la FAO.
La baisse des prix des produits alimentaires sur le marché international favorise le Bénin qui importe la plupart de ses denrées alimentaires. La preuve, il s’en sort avec un taux d’inflation de -0,4% en 2014, selon les données de la BCEAO. Dans le même temps, ses produits d’exportation, notamment le coton, paient un lourd tribut dans la chute drastique des coûts des matières premières qui s’observe actuellement sur le marché mondial.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 4103 fois
Tags:
  • ,