Si la performance économique du Bénin au cours des années 2016, 2017 et 2018 était principalement due aux réformes du Programme d’action du gouvernement 2016-2021 intitulé « Bénin révélé», les projections 2019 sont aussi prometteuses avec un taux de croissance de 6,5%. C’est ce que révèlent les perspectives économiques en Afrique 2018 du Groupe de la Banque africaine de Développement (Bad) qui concluent que la croissance inclusive est un défi majeur pour le Bénin.

Le taux de croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel du Bénin pour l’année 2017 est estimé à  5,5%, en progression par rapport aux 4% de 2016. Selon les perspectives économiques du Groupe de la Banque africaine de Développement (Bad), les projections pour 2019 sont aussi prometteuses avec un taux de 6,5%. En effet, pour la période 2016–2017, le document du Groupe de la Bad précise que la performance économique était principalement due aux réformes du Programme d’action du gouvernement (Pag) 2016–2021 « Bénin révélé» et visant à augmenter les dépenses publiques d’investissement dans les infrastructures, l’agriculture, le tourisme ou les services de base. Ces perspectives positives devraient également s’expliquer par la considérable augmentation de la production agricole, notamment du coton, estimée à 450 000 tonnes en 2016; l’augmentation des capacités de production de l’électricité; et la reprise économique au Nigeria, dont l’activité commerciale du Bénin est tributaire.

Le déficit budgétaire devrait grimper de 5,6 % du Pib en 2016 à 5,9 % en 2017. Les autorités béninoises exprimant la volonté de mieux contrôler leurs dépenses, ce déficit devrait redescendre à 4,8 % en 2018 et 3,1 % en 2019, grâce à une politique fiscale plus restrictive à partir de 2017 visant à atteindre les 3 % fixés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Selon les perspectives économiques 2018 du Groupe de la Bad, le risque de surendettement en mars 2017 est passé de faible à modéré dans une analyse de soutenabilité de la dette du Fonds monétaire international (Fmi). La dette publique est, en effet, passée de 50,3% du Pib en 2016 à 53,4 % en 2017, à cause des dépenses effectuées dans le cadre du Pag. Les efforts de l’État pour mobiliser des ressources grâce à l’émission d’obligations et à des partenariats techniques et financiers devraient permettre de réduire la dette à 51,46 % du Pib dès 2019.
Grâce à la politique de stabilité des prix de l’Uemoa ainsi qu’à une bonne campagne agricole et aux faibles prix du pétrole, l’inflation devrait rester inférieure aux 3% définis par l’Uemoa. Le déficit du compte courant s’est détérioré entre 2016 (7.3% du Pib) et 2017 (9.5%), mais la légère amélioration connue en 2018 sera poursuivie en 2019.

Les facteurs positifs et négatifs

En avril 2017, le Fmi a approuvé un accord triennal de crédit d’un montant de 151,03 millions de dollars US afin d’aider le Bénin à mettre en œuvre les réformes du Pag soutenant les investissements tout en préservant la soutenabilité de la dette. Ces réformes devraient permettre au Bénin de diversifier son économie en améliorant les activités de transformation dans l’agriculture et l’agro-industrie, et en modernisant l’élevage, la pêche et le tourisme. La stabilité politique démontrée par le bon déroulement de l’élection présidentielle de 2016 et le renforcement du partenariat public-privé contribue à rendre le pays plus attrayant pour les investisseurs. De même, l’entrée en vigueur en janvier 2015 du Tarif extérieur commun (Tec) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est également une occasion pour le Bénin d’élargir sa base de production et de tirer parti du marché ouest-africain.
Par contre, une incertitude liée aux effets du climat sur l’agriculture et à la dépendance vis-à-vis de l’économie nigériane, entoure les projections de croissance. Durant sa période de récession en effet,  le Nigeria a introduit des restrictions commerciales qui ont affecté le Bénin et constitueront une incertitude supplémentaire si elles ne sont pas levées. Malgré les efforts liés aux réformes, le Bénin reste confronté au manque d’infrastructures, aux problèmes de gouvernance économique et financière, aux difficultés du secteur privé. Il figure parmi les dix meilleurs pays réformateurs en 2015 et 2016, mais sa place de 151e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2017 témoigne des efforts à accomplir encore pour améliorer le climat des affaires.
Avec un taux de pauvreté de 40,1 % en 2015, un chômage persistant, et un indice de développement humain de 0,485, la croissance inclusive reste un défi majeur, concluent les perspectives économiques 2018.

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