Dans le cadre de la Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté, la Mission résidente de la Banque mondiale au Bénin a animé, ce mercredi 17 octobre, une causerie-débat autour de l’emploi des jeunes. Avant cette causerie assurée par trois panelistes, les jeunes présents ont eu droit à une présentation de l’économiste pays, Félicien Accrombessi, sur les principales conclusions du Rapport sur le développement dans le monde 2019, axées sur les mutations du travail.

Le président de l’Organe consultatif de la Jeunesse, Thomas Singbo, estime que la jeunesse béninoise est victime du système éducatif de son pays. Il a tiré cette conclusion à l’ouverture de la causerie-débat animée par la Mission résidente de la Banque mondiale au Bénin ce mercredi dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de l’éradication de la pauvreté. Et, en faisant le point du chômage dans les rangs de la jeunesse béninoise, il a insisté sur deux catégories. La première, selon lui, est celle qui comprend les jeunes qui sont allés à l’école jusqu’à l’université et qui attendent de trouver un emploi. La seconde catégorie, indique-t-il, est celle des déscolarisés qu’il faut appuyer dans des initiatives entrepreneuriales. 

Pour sa part, le directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi (Anpe), Urbain Amègbédji, clame qu’on a toujours menti aux jeunes qu’il faut avoir de grands diplômes pour trouver de l’emploi. « C’est faux », réagit-il. A son avis, c’est le système éducatif béninois qui est mal conçu. Les gouvernants actuels, selon lui, gèrent la pléthore de chômeurs par l’approche de réorientation en attendant de revoir le système éducatif.
Selon Urbain Amègbédji, sur près de 16 000 dossiers reçus à l’Anpe, plus de 96% recherchent un emploi salarié. Et c’est seulement les 4% restants qui veulent entreprendre pour l’auto-emploi. Dans ces conditions, s’étonne-t-il, à quand le développement du pays ?
Le directeur général de l’Anpe estime qu’il est temps que les jeunes commencent à entreprendre. Car, au niveau de l’administration publique ou dans le privé, l’emploi salarié est déjà saturé.
De son côté, l’expert en coaching, Nicolas Hounto, pense que les jeunes doivent commencer par se mettre dans la tête qu’ils peuvent entreprendre sans attendre un emploi salarié. Pour lui, il faut comprendre autrement les contraintes liées à la fiscalité et autres qui sont souvent avancées comme des obstacles pour ne pas prendre des initiatives.

Les mutations du travail

Cette causerie-débat a été précédée de la présentation de l’économiste pays de la Mission résidente de la Banque mondiale au Bénin, Félicien Accrombessi, sur les principales conclusions du Rapport sur le développement dans le monde 2019 et axé sur les mutations du travail. Dans la brève communication qu’il a faite, il a souligné que la jeunesse d’aujourd’hui a peur de l’évolution des Technologies de l’information et de la communication (Tic). Or, les Tic, explique-t-il, profiteront à la société et constituent des opportunités.
Pour mieux rassurer cette jeunesse, les gouvernants, selon l’économiste pays, doivent investir dans le capital humain et en particulier dans l’éducation de la petite enfance. Ils ont aussi l’obligation de renforcer la protection sociale qui est un solide minimum social garanti ; puis créer un espace fiscal pour le financement public du développement du capital humain. En définissant ce capital humain, il indique que c’est un ensemble de connaissances, de compétences et de conditions de santé pour être productif dans la société.
A l’inverse du Fonds monétaire international et de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques, la Banque mondiale, dans son rapport, refuse de comprendre que l’exacerbation des inégalités a des conséquences négatives, tant sur l’économie que sur la société. Si elle reconnaît la nécessité d’augmenter les financements publics, elle recommande toutefois des mesures d’imposition dégressive.
En outre, la vision de l’avenir du travail, selon la Banque mondiale, l’une des thématiques principales du rapport, consiste à accepter passivement les besoins des grandes entreprises du domaine des Tic et du reste du secteur privé. Cette passivité n’est en rien représentative de la qualité et du sérieux du travail entrepris dans ce domaine par l’Organisation internationale du Travail (Oit) et les autres organisations.

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