Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, a procédé, ce jeudi 12 juillet à Cotonou, à l’ouverture des travaux de la Conférence africaine de la société d’économétrie. Cette rencontre, qui se tient après celle d’Alger de l’année dernière, regroupe pendant trois jours, de grands noms dans le domaine de la recherche économique sur le plan mondial. Elle sera l'occasion d'expliquer non seulement l’importance de l’économétrie pour le développement, mais aussi de promouvoir l’utilisation des mathématiques et des statistiques.

L’inclusion financière, l’agriculture et le développement, les femmes et le développement, les conflits, l’analyse dynamique à l’économie, l’éducation, la santé. Ce sont autant de panels prévus dans le cadre de la Conférence africaine de la Société d’économétrie dont les travaux ont démarré hier à Cotonou. En effet, la problématique de l’économétrie qui est au cœur de cette conférence internationale servira de tremplin pour les économétriciens, les doctorants, les cadres et experts pour discuter des enjeux de cette approche pour le Bénin et le continent.
Pour le président d’African school of Economics, le professeur Léonard Wantchékon, la conférence de Cotonou sera également une occasion pour promouvoir l’utilisation des mathématiques et des statistiques. Car, selon lui, de plus en plus, la complexité de la vie économique, la nécessité de faire des prévisions et de concevoir des modèles de développement qui sont propres ou tiennent compte des réalités des pays, requiert des outils fiables d’analyse les plus avancés que sont les mathématiques et les statistiques.
Son souhait est qu’au terme de cette conférence, les résultats soient largement partagés dans le pays, à commencer par le gouvernement. Il se dit heureux de la présence du ministre des Affaires étrangères qui a présidé l’ouverture des travaux.
Léonard Wantchékon estime que pour faire l’économie, il y a deux manières. La première, c’est le bavardage, c’est-à-dire à partir de quelques intuitions, quelques idées reçues, des expériences d’autres cieux qu’on répète. Mais avec la seconde, il y a une discipline émergente qui est la science économique moderne où on ne conçoit pas sans avoir décrit avec les statistiques et les mathématiques la réalité qu’on vit. Comme exemple ici, il cite l’évolution de la démographie en Afrique. Aujourd’hui sur le continent, on n’est plus à huit enfants par femme, mais à quatre et demi. Depuis les années 1980, le nombre d’enfants par femme a diminué de trois, fait-il remarquer. Et c’est ces genres de statistiques que la Société d’économétrie veut développer, indique le professeur Léonard Wantchékon.

Socle des décisions

La Société d’économétrie, explique le président d’African School Economics, contribue à l’avancement de la théorie économique dans sa relation avec les statistiques et les mathématiques. Et l’utilisation de ces sciences est essentielle pour comprendre les règles en matière de développement. C’est pourquoi, l’objectif principal de la conférence de Cotonou est de promouvoir l’utilisation des mathématiques et des outils statistiques pour mieux comprendre les tendances économiques, afin de formuler des politiques plus adaptées.
Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, le gouvernement ne veut pas manipuler n’importe comment les mathématiques et les statistiques. Il veut avoir des données statistiques fiables afin de prendre des décisions importantes pour le développement du pays. C’est pourquoi, il a applaudi l’initiative de la Société d’économétrie de tenir à Cotonou cette conférence qui est une opportunité pour le gouvernement béninois. Car, le savoir doit être au cœur du développement, souligne-t-il.
La Conférence africaine de la Société d’économétrie de l’année prochaine est prévue pour se tenir à Rabat au Maroc, annonce le professeur Léonard Wantchékon?

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