Le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, et la représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin, Katrina Sharkey, ont signé, le 14 juin dernier, des accords en vue du financement du Programme pour l’accès universel à l’eau potable en milieu rural, dénommé Programme Aqua-Vie. Programme dont la mise en œuvre permettra de rendre l’eau potable disponible pour tous les Béninois avant 2030.

L’accord signé entre la Banque mondiale et le gouvernement béninois à travers le ministère de l’Economie et des Finances porte sur un total de 220 millions de dollars américains. Il constitue, à en croire Katrina Sharkey, la représentante résidente de la Banque mondiale, « la plus grande opération d’investissement du groupe de la Banque mondiale au Bénin ». Il s’agit également d’un accord unique notamment en raison de son caractère innovant et inédit et du temps record mis pour sa finalisation. Cet accord permettra à près de 1,7 million additionnels de Béninois vivant en zones rurales de bénéficier d'un accès aux services d’eau potable à travers la construction et la réhabilitation de plus de 600 adductions en eaux villageoises (Aev). Du point de vue des cibles pour le sous-secteur, il permettra aussi, à en croire la représentante résidente de la Banque mondiale, la construction de plus de 34 000 branchements particuliers et 3 300 bornes-fontaines. « Outre cet effort volontariste d’investir massivement dans les infrastructures d’alimentation en eau potable, l’ensemble des communes concernées qui se sont déjà engagées formellement pour le programme bénéficiera d’autre part, de la mise en place de services professionnalisés de gestion pour l’eau potable à travers des contrats d’affermage régionaux basés sur les performances », poursuit-elle.
Si ce programme est particulièrement apprécié au niveau de la Banque mondiale, c’est aussi parce qu’il « se trouve pleinement aligné sur la vision du gouvernement du Bénin et son Programme d’action en l’appuyant directement sur le chemin de l’atteinte de l’accès universel et durable de la population rurale aux services d’eau potable », poursuit Katrina Sharkey.
Cet objectif sera pleinement atteint, s’est engagé Sylvain Migan, directeur de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable. Celui- rassure qu’à travers la signature de cet accord, le Bénin tient une opportunité pour donner la preuve que l’Objectif de développement durable relatif à l’accès à l’eau sera atteint par le Bénin. Non seulement il sera atteint, mais il le sera bien avant l’échéance de 2030. D’ici 2021, d’après ses analyses, le Bénin devrait être en phase avec cette exigence, surtout avec la signature de cet accord inédit qui constitue « la plus grande opération d’investissement du Groupe de la Banque mondiale au Bénin ».

Innovation et résultats

Pour le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, cet accord est un pas important vers la réalisation du Programme d’action du gouvernement qui prévoit l’eau potable pour tous d’ici 2021. Il a surtout remercié la Banque mondiale pour l’appui à cet ambitieux projet qu’elle n’a pas hésité à financer, mais surtout dans un délai inédit. Pour lui, cette prouesse est l’illustration de ce que « quand le pays est bien préparé, la Banque mondiale est toujours là, prête ». «Mais c’est maintenant que le plus dur commence», souligne le ministre qui dit faire pleinement confiance à l’agence et promet qu’elle « atteindra tous les objectifs pour que d’autres projets de cette nature puissent être structurés ». D’ici douze mois, a-t-il annoncé, « la population sentira les effets », car « les impacts de l’absence de l’eau potable sur l’épanouissement ne sont plus à démontrer ».
Ce projet a permis d’utiliser pour la première fois au Bénin, l’instrument PforR (Programme pour les résultats) qui, d’une part, associe directement les décaissements de la Banque mondiale à l’atteinte des résultats en termes d’augmentation de l’accès et de la gestion durable des services d’eau potable et d’autre part, renforce les systèmes techniques, fiduciaires, environnementaux et sociaux du pays. C’est aussi la première fois en Afrique subsaharienne que cet instrument est approuvé pour un Projet du secteur de l’eau.

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