Les prix de quelques produits agricoles de grande consommation ont grimpé en l’espace de quelques jours, à la surprise des consommateurs. Approchés, les services du ministère du Commerce et d’Industrie en donnent les causes.

Les consommateurs des produits céréaliers déboursent un peu plus pour se les procurer. Au marché, le haricot, le voandzou, le maïs… ont augmenté de prix, à la surprise des acheteurs. Le kilogramme du haricot est acheté à 700 francs désormais contre 500 francs Cfa, il y a moins de trois mois. Le kilo de voandzou est passé à 900 francs contre 750 F Cfa, il y a de cela deux mois. Face à la situation, certains consommateurs expriment leur désarroi. Ils s’interrogent sur les raisons qui justifient cette hausse de prix des produits prisés par la population.
Au ministère du Commerce et d’Industrie, le sujet n’étonne guère. Le Bénin est dans une économie libérale. Par contre, les produits stratégiques tels que les produits pétroliers et ceux destinés à l’exportation, à savoir le coton, l’acajou, le karité, les produits pharmaceutiques… sont encadrés selon la valeur que l’Etat accorde à ces différents produits, d’après les explications du directeur de la Promotion du Commerce intérieur, Marius Konsago. C’est tout à fait normal qu’à une certaine période, il y ait une hausse de prix de certains produits, d’après lui. Cette fluctuation s’explique par le fait que la plupart des produits sont cultivés au nord du Bénin où les récoltes de la saison passée sont presque terminées. « On produit pour la nouvelle saison, c’est naturel dans une économie de marché que quand l’offre diminue, le prix augmente », a affirmé Marius Konsago.
Il faut noter que la hausse des prix des produits est l’œuvre des commerçants. Ils achètent et stockent les produits pour les revendre cher en début de la saison. Pour sa part, Alexandre Adjignon, collaborateur du directeur de la Promotion du Commerce intérieur, souligne quelques causes inhérentes à la hausse du prix des produits agricoles. Il cite : le phénomène de l’exode rural dont la première conséquence est la baisse de la production, la faible pluviométrie qui n’est plus favorable à la production, les techniques culturales très archaïques qui fatiguent les agriculteurs, notamment les bras valides qui s’intéressent désormais à d’autres activités dans les milieux urbains et périurbains.
Le marché du Nigeria avec une forte demande pourrait expliquer une exportation incontrôlée des produits de grande consommation du Bénin vers le géant de l’Est, d’après les explications de cadres du ministère du Commerce et d’Industrie. Ils n’y trouvent pas d’inconvénients, mais plutôt encouragent la pratique. Car, l’exportation des produits du Bénin vers le Nigeria va attiser la production locale et aura pour avantage, l’arrivée de nouvelles productions.
La préoccupation reste de savoir si les citoyens pourraient bénéficier encore de subvention sur l’achat des produits vivriers comme c’était le cas, il y a quelques années. Ce serait un apport considérable dans la perspective de la sécurité alimentaire au Bénin.

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