Les économies africaines pourraient être plombées par une dette de plus en plus pesante, malgré l’accélération de leur croissance ces dernières années. C’est un constat du Fonds monétaire international (Fmi), dans un rapport publié, il y a quelques semaines.

L’augmentation massive des mobilisations financières pour les investissements, à travers les emprunts obligataires, pourrait avoir un effet pervers sur les pays africains. Le rapport publié par le Fonds monétaire international (Fmi), mardi 8 mai dernier, en dit long.
Selon les données publiées dans ce rapport, les Etats africains ont émis en 2017 pour 7,5 milliards $ d’obligations souveraines, soit 10 fois plus que l’année précédente. Une tendance qui, précise le rapport, devait s’accélérer en 2018. Ainsi, 11 milliards $ d’obligations souveraines devaient être émis seulement pour le premier semestre de 2018, indique le Fonds monétaire international.
Cette situation a entraîné un surendettement de plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne. Environ 40 % des pays à faibles revenus de cette région seraient en situation de surendettement ou à haut risque, a indiqué l’institution.
De plus, les dettes libellées en devises étrangères ont progressé de 40 % entre 2010-2013 et 2017, et représenteraient aujourd’hui 60 % de la dette publique totale moyenne de l’Afrique subsaharienne.
Aussi, la hausse des taux d’intérêt moyens (4 % en 2013 à 12 % en 2017) augmente considérablement le coût de remboursement de ces emprunts. A ce rythme, plusieurs pays africains pourraient se retrouver dans l’incapacité rembourser les titres émis.
Si le Fmi estime que l’accroissement de la dette des pays de l’Afrique subsaharienne est intimement lié aux grands projets d’infrastructures et de développement social qui naissent sur le continent, il préconise néanmoins un changement progressif des moyens de financement par les pays africains. Pour ce faire, l’institution de Bretton Woods encourage les Etats africains à s’appuyer davantage sur les sources de financement durables et à mettre l’accent sur la mobilisation des recettes intérieures.

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