L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a entrepris depuis des années, à travers ses représentations dans les différents Etats membres, des sessions d’information et de sensibilisation sur les chantiers et les réformes communautaires de l’union. Après le domaine de l’Enseignement supérieur, il y a quelques mois, c’est autour de la santé et de la protection sociale cette année que se déroulent les échanges. Le représentant résident de l’Uemoa au Bénin, Komlan Agbo, explique ici les objectifs poursuivis par l’Uemoa en organisant ces sessions tout en soulignant que leur impact est mesuré à travers les informations reçues.

La Nation : Monsieur le représentant résident de la Commission de l’Uemoa au Bénin, vous avez initié des sessions d’information et de sensibilisation sur les chantiers et réformes communautaires dans les domaines de la santé et de la protection sociale dans certaines villes du Bénin. Il y a quelques mois, c’était autour de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Qu’est ce qui justifie ces sessions ?

Komlan Agbo : L’une des missions des bureaux de représentation de la Commission de l’Uemoa, c’est de porter l’information à la connaissance des pays dans lesquels sont créés. Je rappelle au passage que nous avons des bureaux de représentation dans tous les pays de l’union de même qu’à Bruxelles auprès des organisations de l’Union européenne et à Genève auprès des Nations Unies. Chaque bureau dans chaque pays a pour mission de porter l’information à la connaissance des populations de ce pays-là. Nous avons constaté que l’Uemoa mène des actions envers ces populations qui ne sont pas malheureusement au courant de ce qu’elle entreprend comme activités. C’est vrai que l’année dernière, la sensibilisation a porté sur l’Enseignement supérieur comme vous l’avez dit. Chaque année, nous avons un programme de travail que nous essayons de suivre. Les domaines sont choisis en fonction de l’intérêt où nous sentons qu’il y a un manque d’information.
Si l’année dernière la sensibilisation a porté sur l’Enseignement supérieur, c’est parce que le Système Licence-master-doctorat (Lmd) est une activité ou une initiative de l’Uemoa qui est exécutée aujourd’hui dans tous les Etats de l’union. Nos élèves et nos enseignants ne sont pas parfois informés de tout ce que cela implique. Nous avons parlé aussi d’égal traitement de tous les citoyens dans les universités publiques. C’est-à-dire quoi ? Si un étudiant béninois va au Mali pour s’inscrire par exemple, il est traité comme s'il est un étudiant malien qui allait s’inscrire aussi.

Pourquoi ce traitement égal n’était-il pas respecté au sein de l’union ?

Les Etats avaient défini les conditions d’admission et d’inscription dans leurs universités. Mais dans la mesure où nous parlons d’un espace communautaire, on voudrait que les normes soient les mêmes un peu partout. Ce n’est pas l’Uemoa qui fixe les frais d’inscription. Si l’étudiant béninois s’inscrivait à l’Université d’Abomey-Calavi à 15 000 F Cfa, l’étudiant sénégalais s’inscrirait dans la même université également à ce montant-là. Ce sont ces informations que nous avons mises à la disposition du monde universitaire l’année dernière.

Cette année, vous avez choisi les domaines de la santé et de la protection sociale. Pourquoi ?

Nous avons compris qu’il y a des initiatives qui sont prises en faveur des populations bénéficiaires qui ne sont pas au courant de ce qui se passe. Quand nous parlons de protection sociale, combien de citoyens lambda savent ce que la Commission de l’Uemoa entreprend et comment on peut en bénéficier ? Ce sont des informations que nous portons à leur connaissance.

Quels sont les domaines qui sont prévus pour l’année prochaine ?

Nous n’avons pas encore choisi les domaines dans lesquels nous allons sensibiliser les populations l’année prochaine. Mais ce qui est sûr, nous ferons encore des sessions. Le domaine de l’artisanat intéresse beaucoup de monde aujourd’hui. C’est là où nous voyons la masse des populations. Donc, l’année prochaine, nous irons vers les artisans dans les zones reculées pour leur expliquer qu’ils peuvent s’installer dans n’importe quel pays de l’Uemoa.
Vous allez constater que pour la santé et la protection sociale, nous ne sommes plus restés à Cotonou. Les différents acteurs de ces domaines qui sont dans les grandes villes connaissent déjà un peu ce que nous sommes en train de faire. C’est pourquoi nous avons préféré aller à la base.

Comment évaluez-vous les impacts de ces sessions d’information et de sensibilisations sur les populations à la base ?

La Commission a institué ce que nous appelons la revue annuelle. Nous passons dans les Etats membres pour voir la mise en œuvre des réformes que nous entreprenons, des politiques que nous menons, des projets et programmes qui sont mis en œuvre dans les différents Etats membres. Nous venons de dire que la sensibilisation cette année porte sur la santé et la protection sociale. Dès lors que nous portons l’information aux populations, le citoyen béninois qui n’avait pas l’information et qui l’a aujourd’hui, sait en allant se faire traiter au Togo par exemple, les conditions et ce dont il peut bénéficier. Ainsi, nous pourrions mesurer l’impact de ces sessions de sensibilisation à travers les informations que nous allons recevoir. Puisque dans tout le système maintenant, nous avons prévu un système de l’information régionale que ce soit dans le domaine de l’enseignement, dans le domaine de la santé, dans le domaine de la culture, bref dans tous les domaines. Et, il y a des statistiques pour confirmer si les messages que nous avons passés sont bien perçus et utilisés à bon escient.

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