Le riz produit au Bénin est au centre de la troisième édition du salon de la qualité alimentaire, démarrée ce jeudi 16 novembre à Cotonou. Organisé par l’Agro Business Center avec d’autres partenaires, ce salon de deux jours porte sur le thème « Un riz produit au Bénin pour une meilleure qualité prix » et s’articule autour de trois conférences principales ou tables rondes sur les principaux défis du secteur riz au Bénin.

« Contrairement au riz importé, il faut passer le riz produit au Bénin au tri et le laver proprement avant d’aller à la cuisson. Je n’ai pas ce temps à perdre pour 50 ou 100 francs Cfa de différence ». C’est l’impression de Jeanne, une citoyenne béninoise, sur le riz produit au Bénin, et évoquée par le coordonnateur de l’Agro Business Center, André Engelbertink à l’ouverture de la troisième édition du salon de la qualité alimentaire hier. Un salon de deux jours qui porte sur le thème « Un riz produit au Bénin pour une meilleure qualité prix ». Cette impression de Jeanne a amené le coordonnateur de l’Agro Business Center à se poser deux questions. D’abord, pourquoi ce salon sur la qualité ? Puis, quel riz consomme le citoyen béninois ? Des questions qui doivent trouver, selon lui, des réponses au cours des débats durant les deux jours.
La filière riz au Bénin a connu ces dix dernières années, un essor rapide. La production du riz est passée de 40 000 tonnes en 2005 à 204 000 tonnes en 2015. Quant à la consommation, elle a conservé une tendance à la hausse annoncée depuis 1970.
En effet, dans les ménages béninois et surtout dans les villes, le riz remplace progressivement le maïs comme plat principal. Dans la pratique, les habitudes alimentaires ont bien changé. Le riz qui se consommait seulement les dimanches et pendant les grandes fêtes et cérémonies, est devenu le plat de tous les jours. Dans le même temps, le secteur est confronté à des défis majeurs et souffre d’une image médiocre/produit de mauvaise qualité. Ce qui affecte aussi l’investissement et le financement des acteurs du secteur.

Les révélations de l’Insae

André Engelbertink a rappelé que les enquêtes budget consommation réalisées par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) en 2007, ont révélé que des milliers de ménages béninois se plaignent de la mauvaise qualité du riz produit au Bénin. Il colle à la cuisson, les grains sont brisés, du sable y est parfois présent ainsi que d’autres débris végétaux. Voilà, regrette-t-il, ce à quoi sont confrontés quotidiennement les consommateurs dans les villages où elles n’ont pas d’autre choix. Le riz du Bénin, selon le coordonnateur de l’Agro Business Center, est à portée de main et il faut le consommer.
S’inscrivant dans la même logique que le coordonnateur de l’Agro Business Center, le secrétaire général de l’Interprofession de la filière riz, Parfait C. Gbankpan, a dit que le riz est une céréale consommée aujourd’hui par tous les ménages. C’est pourquoi, il a demandé à tous les acteurs présents de profiter de ce salon afin de produire en quantité et en qualité le riz au Bénin. L’Interprofession, assure-t-il, est prête à accompagner les initiatives tendant à promouvoir le riz produit au Bénin.
Manifestant son attachement personnel aux filières agricoles et plus particulièrement au riz, l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, Harry Van Dijk, a souligné que c’est bien qu’on ait passé de 40 000 tonnes en 2005 à 204 000 tonnes 2015 au Bénin pour la production de riz. Mais on peut mieux faire, fait-il remarquer. Ce salon, se réjouit le diplomate, s’inscrit dans la politique des Pays-Bas pour assurer la sécurité alimentaire afin de réduire la pauvreté.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 2591 fois