La campagne cotonnière 2016-2017 a enregistré un record de production de plus de 451 000 tonnes de coton graine. Pour saluer cette performance, l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) a décidé de distinguer les meilleurs producteurs à travers la « Fête du cotonculteur » qui se tiendra samedi 22 juillet prochain à Parakou. Narcisse Djègui, secrétaire permanent de l’Aic, explique les enjeux et les attentes de cette manifestation.

La Nation : L’Aic organise samedi prochain une cérémonie de distinction des meilleurs cotonculteurs au titre de la campagne 2016-2017. Quel est le but de cette initiative ?

Narcisse Djègui : Nous avons commencé la campagne en reprenant nos activités suspendues par un décret présidentiel. Pendant près de quatre ans, nous n’avons plus du tout exercé nos activités. Heureusement, nous avons mis en place une cellule de veille qui a rendu la reprise moins difficile. Nous avons décidé d’organiser cette manifestation pour la simple raison qu’au cours de la campagne précédente, nous avons eu une production record de 451 209 tonnes. Les producteurs ont cru en nous, et nous avons pris toutes les dispositions pour obtenir ces résultats. Nous avons pensé qu’à partir du moment où ils nous ont aidés à avoir un résultat record, il est bon qu’on les gratifie. C’est la principale motivation de cette manifestation que nous organisons à Parakou : gratifier les producteurs tant au niveau national que communal pour les encourager à mieux faire. C’est aussi une occasion pour que tous les acteurs se retrouvent. Les producteurs ont œuvré mais les égreneurs aussi ont travaillé pour qu’on puisse vite finir l’égrenage. C’est extrêmement important. Il n’y a plus de coton dans les champs, on a fini la commercialisation depuis quelques mois. C’est l’occasion pour l’ensemble de la famille de se retrouver, les transporteurs aussi, même si nous avons eu de petites difficultés avec eux. Ils nous ont aidés à évacuer le coton des champs. Je n’oublie pas les banquiers qui ont accompagné les égreneurs. Nous avons eu une production record, donc beaucoup plus à payer. Nous avons reçu des instructions fermes pour qu’on paie les producteurs le plus tôt que possible. S’il en est ainsi, c’est parce que les banques ont accompagné les égreneurs dans ce processus. Il faut que tout ce beau monde se retrouve. Les collègues se sont aussi donnés à cœur joie et chacun a voulu prouver que nous sommes capables de relever le défi, le résultat est là.

Quels sont les producteurs qui seront honorés ?

Au cours de cette fête, nous allons surtout féliciter les producteurs qui ont bien travaillé. Nous avons, ensemble avec les organisations de producteurs, défini des critères pour identifier ceux qui pourront être primés. Premièrement, nous avons estimé qu’il faudrait primer les coopératives. Nous avons retenu de primer les cinq meilleures coopératives issues de cinq départements producteurs de coton. Nous avons retenu les départements qui ont un niveau de production de 5000 tonnes. Donc les cinq meilleures coopératives villageoises de producteurs de coton (Cvpc). Nous avons aussi retenu de primer les cinq meilleurs producteurs ayant le niveau de production le plus élevé sur le plan national dont une femme. Il y a des femmes qui font le coton, même si elles ne font pas autant que les hommes, nous avons voulu les encourager également. Nous récompensons aussi la qualité en nous appuyant sur le rendement. Nous avons retenu de primer six meilleurs producteurs dans les deux zones Nord et Sud ayant les meilleurs rendements dont au moins une femme. Les meilleurs rendements oscillent autour de 2,6 à 3 tonnes. Pour ne pas donner l’impression qu’on s’est focalisé sur le niveau national et départemental, nous sommes allés au niveau des communes pour primer les trois meilleurs producteurs dont une femme par commune.

Combien de producteurs voulez-vous primer au total ?

Au total, nous allons primer environ 160 producteurs. Nous avons retenu de faire un clin d’œil aux organisations de producteurs. Vous savez, partout où il y a une bonne entente, on a souvent un bon résultat. Lorsque nous avons repris les activités en avril 2016, nous avions en face trois groupes de producteurs. Il y a les anciens organisés en Association nationale des producteurs du coton (Anpc), nous avons le Conseil consultatif des producteurs de coton (Ccpc) qui exerçait jusqu’en 2011, et la Fédération nationale des coopératives villageoises de producteurs de coton (Fncvpc). Ce que nous avons fait, c’est de regrouper tout ce monde dans un comité transitoire pour qu’ils parlent tous d’une même voix. Cela a été l’une des clés de succès de cette campagne, parce qu’il n’y avait pas un groupe de producteurs qui parle un autre langage. On a réussi à montrer aux producteurs que ce qui nous réunit, c’est la production de coton et pas autre chose. Les treize membres du comité transitoire seront donc primés pour les remercier de leur contribution. Il y aura des lots. Mais nous avons mis l’accent sur des lots en nature, notamment des équipements qui pourront permettre aux producteurs d’améliorer leur rendement.

Quelles retombées espérez-vous de cette manifestation ?

Nous avons commencé la préparation de cette fête depuis la fin de la campagne. C’est avec les organisations de producteurs que nous avons retenu les lauréats. Nous avons annoncé l’initiative aux producteurs qui sont très contents, surtout par rapport aux critères. On a mis l’accent sur le rendement parce que l’une des grandes orientations pour la campagne en cours, c’est le programme d’intensification où nous estimons qu’il ne servirait à rien de continuer à étendre les superficies. Pour cette campagne, nous sommes déjà à plus de 500 000 hectares d’emblavures. Nous ne pouvons pas continuer d’étendre indéfiniment les superficies, il faut mettre l’accent sur le rendement. Je peux vous dire que l’une des retombées de cette manifestation est que les producteurs seront encouragés. Cette année, nous sommes à un niveau d’emblavures relativement élevé. Cela veut dire que l’année prochaine, on aura un niveau de production plus élevé si dame nature est avec nous.

Quel est le niveau de préparation de la campagne en cours ?

On organise cette fête, mais on est aussi présent sur le terrain. Pour cette campagne, nous avions une prévision d’emblavures de 450 000 hectares. Nous avons déjà atteint ce niveau. Avec les déclarations d’emblavures au niveau du septentrion où les semis sont déjà terminés, on est déjà à un niveau supérieur à 500 000 hectares, comme je le disais tantôt. Les mesures parcellaires sont en cours pour confirmer ces déclarations. Toujours est-il que les producteurs sont relativement contents d’avoir semé. Le fait que nous ayons mis en place à temps les intrants, qu’il ait eu des produits de bonne qualité, qu’on les paie très rapidement, tout cela a créé un certain engouement. Mais pour les années à venir, nous ne comptons pas mettre l’accent sur l’extension de la culture, mais beaucoup plus sur l’intensification.

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