« Le marché du carbone est inexistant en Afrique », c’est l’affirmation faite hier, mercredi 28 juin, par le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané qui est parti de l’exemple d’un opérateur économique camerounais.

Le dynamisme qui caractérise les pays africains dans le cadre des initiatives pour la lutte contre les changements climatiques, illustre le niveau de sensibilité de ces questions dans le continent. A l’issue d’un tel engagement, l’on se serait attendu à voir l’Afrique davantage et mieux traitée en matière de financement des initiatives propres. Erreur ! Les instruments en place sont défaillants ou encore inaccessibles à l’Afrique. « Le marché du carbone est presque inexistant pour l’Afrique », a affirmé d’office, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. A l’ouverture du Forum Afrique sur le carbone hier, il a pris l’exemple d’un opérateur économique camerounais et son propre exemple pour illustrer cette affirmation. Il raconte : « Je me rappelle de cet opérateur économique camerounais qui croyait si tant au marché du carbone. Il voulait être identifié comme un champion au marché du carbone en Afrique. Après 2005, il s’y est engagé à fond ; quelques années plus tard, il n’a pas pu s’empêcher de dire que tout ceci ressemble à une arnaque.» Si l’état d’esprit de cet opérateur économique l’a conduit certainement à exagérer sur le qualificatif, Abdoulaye Bio Tchané pense qu’il faudra prêter oreille attentive à ses récriminations contre le dispositif.
Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement n’a pas manqué de donner aussi son propre exemple au moment où il était président de la Banque ouest-africaine de développement (Boad). « J’ai initié des projets dans ce sens. Mais tout ceci n’a pas pu prospérer après neuf ans que j’ai quitté la banque», rappelle-t-il. Pour lui, l’alternative des ressources mutualisées ne se présente pas encore à ce jour comme le meilleur jocker pour l’Afrique. Sur une encaisse de plus de 9 milliards de dollars US dont dispose aujourd’hui le Fonds vert pour le climat, seulement 694 millions de dollars US correspondant à 19 projets ont été approuvés pour l’Afrique ; tout cela avec des taux de décaissement en souffrance.
Le risque le plus suicidaire qui guette l’Afrique sera son incapacité à avoir un accès pertinent et substantiel aux ressources du Fonds vert pour le climat due aux contraintes de l’accréditation de ses entités nationales, les niveaux d’accréditation faibles réservés à ses entités. Il y a aussi les énormes difficultés pour les Etats africains à soumettre une masse critique de projets pouvant absorber le quota à lui réservé dans le cadrage de répartition des ressources du Fonds vert pour le climat.
Or, la priorité dans l’accès au financement pour les pays les plus vulnérables s’impose pour une mise en œuvre efficace et efficiente des contributions déterminées au plan national?

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