A Savalou, le roi Tossoh Gbaguidi XIII, s’est rendu immortel à travers le Panthéon de la Résistance panafricaine. Ce qui renseigne que la cité des Gbaguidi a elle aussi bel et bien joué sa partition dans la traite négrière pendant que le royaume de Nikki, lui continue de se rendre célèbre par sa Gaani et ses cavaliers baribas.

Savalou, un attrait touristique

C’est, Sa Majesté Tossoh Gbaguidi XIII qui a rêvé de ce site, l’a initié puis conduit avec foi et détermination, sur les ressources propres du palais royal. Peu de personnes, à ce jour, savent si Savalou a joué un rôle quelconque dans la traite négrière. Ce fut pourtant le cas ; la place dite Kannumonon soji (littéralement traduit ‘’sur la colline aux esclaves’’) fut un célèbre parc de regroupement, un véritable marché. Les esclaves étaient capturés des contrées environnantes, particulièrement des tribus nagot, parqués là avant d’être acheminés vers Abomey.

Et c’est pour restituer l’histoire afin qu’elle ne meure que sa Majesté Tossoh Gbaguidi XIII a initié ce chantier, explique Julien Dèdonougbo, officiant sur le site inauguré le 13 août 2014 sous l’égide du ministre chargé de la Culture et du Tourisme, Jean-Michel Abimbola et surtout en présence du Sénateur américain de l’Etat de New-York, Bell Perkis. C’était un mois seulement avant la mort du roi ! Si le site est loin d’être achevé, le roi voulant en faire un véritable complexe, les premières fresques y réalisées, replongent bien au cœur de la traite négrière. « C’est que Savalou était un allié du royaume de Danxomè dans ce commerce et cela, beaucoup l’ignorent. Les esclaves venaient de l’Ouest, c’est-à-dire de Tchetti, Doumè…).

Sur place, certains se rebellaient, résistaient, s’attaquaient même aux dignitaires ou aux colons. Des rebellions qui se soldaient parfois par la mort… », restitue Dah Kanmavo (Mitokpè 5), Commissaire chargé de la Culture et des Cultes à la cour de feu Tossoh Gbaguidi XIII. Qui appréhende que le projet connaisse quelque piétinement du fait de la disparition de son promoteur, mais n’est pas moins convaincu qu’il deviendra bien «un site touristique de haut niveau». Comment y parvenir si les promesses de l’UNESCO, qui voudrait bien l’intégrer au Patrimoine mondial, celles du gouvernement et de la mairie de Savalou, ne sont pas tenues ?

C’est pourquoi Dah Kanmavo les rappelle à leurs obligations. Et prie les dieux de donner à Savalou un roi «tout aussi ambitieux» que le précédent, afin que la dynamique imprimée par le défunt soit maintenue. C’est à cette condition que les travaux seront poursuivis sur le site. Et qu’il attirera toujours des visiteurs, venant de partout le monde, comme cela a pu être constaté dès après son inauguration; les tickets d’accès de 200, 500, 1000, 5000 et 10.000FCFA suivant les âges et les catégories s’écoulant à un rythme appréciable…

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