L’association Mémoires d’Afrique a tenu le pari de faire revivre, comme jadis ,les contes et légendes du Bénin dans trente communes du pays. A l’occasion de la dixième édition de la Journée nationale du Patrimoine immatériel, la quatorzième édition de la Nuit des contes aura vécu dans la mémoire du public, le mercredi 14 août dernier.

L’espace culturel ‘’Le Centre’’ sis à Lobozounkpa s’est recréé lors de la 10e édition de la Journée nationale du Patrimoine immatériel pour accueillir la 14e édition de la nuit des contes, à l’instar d’autres localités dans 30 communes du Bénin. Le décor féérique qui renvoie aux séances de conte, le soir au village, sous l’arbre à palabres, installe le public venu nombreux pour revivre une des traditions séculaires que perpétue depuis plus de 20 ans l’association Mémoires d’Afrique. Tout autour de lampions allumés, des conteurs, aussi bien professionnels qu’amateurs, successivement passent devant le public pour lui livrer des récits aussi captivants qu’instructifs. Une ambiance qu’élèves, étudiants et autres curieux n’ont pas voulu se faire conter. Plus de 250 personnes ont fait le déplacement pour vivre ces instants d’extase et d’évasion à la grande satisfaction, des organisateurs dont
Salinas Hinkati, secrétaire général de l’association Mémoires d’Afrique. Des contes extraits du livre ‘’Contes et légendes du Bénin’’ de l’association ainsi que d’autres ont été dits au public sous diverses formes à cette séance que certains n’ont pas voulu voir prendre fin, même au-delà de 23 heures.
La dixième édition de la Journée nationale du Patrimoine culturel immatériel, a connu son lancement officiel dans la ville de Pobè sous l’égide du père Israël Mensah, fondateur de l’association Mémoires d’Afrique et des autorités communales. A l’occasion, outre la nuit des contes qui l’a marquée, l’enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-
Calavi Arthur Vido a entretenu le public sur l’importance des contes dans l’écriture de l’histoire africaine. Instituée par le Conseil des ministres en sa séance du 14 juillet 2010 sous l'initiative de l'association Mémoires d'Afrique, cette journée célébrée tous les 14 août en hommage au capital immatériel inestimable du Bénin, a permis à l’historien de montrer que l’écriture n’est pas la seule source dont a besoin l’Afrique pour reconstituer son histoire ; la tradition orale est également un outil indispensable dans l’écriture du passé des Africains.
Les traditions orales forment une partie essentielle du patrimoine culturel immatériel africain, indique le conférencier. Il note que le conte fait partie intégrante de la tradition orale, outil utile dans la reconstitution de l’histoire des peuples d’Afrique.
« Depuis la nuit des temps, le conte se pratique devant les maisons et souvent sous un arbre, mais  les séances se tiennent la nuit à la maison autour d’un feu ou au clair de lune. Il est rare de voir des enfants et des femmes assister à des séances de traditions orales de jour. Ceci serait dû au fait que les occupations de la femme ne le lui permettent pas, mais aussi au fait que dans la journée, les enfants aident leurs mamans, ou préfèrent s’adonner à d’autres activités ludiques », informe-t-il, tout en relevant les valeurs découlant du conte. «A travers le conte, c’est la société qui s’exprime. Tout en se divertissant, il permet de développer l’intelligence de l’individu, l’instruit, l’éduque, le socialise et l’enracine dans sa culture. Bien qu’étant un monde imaginaire où hommes, animaux et choses parlent, le conte est un monde dans lequel prévaut un ordre idéal de justice et de bonté. Son importance dans la reconstitution de l’histoire africaine ne souffre alors d’aucun doute !»,conclut Arthur Vido.

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