Le réalisateur Sanvi Panou n’a pas encore dit son dernier mot au cinéma. Après plus de 50 ans de métier, il ne compte pas raccrocher sans avoir concrétisé un vieux, mais grand projet, celui d’immortaliser Kwame Nkrumah à travers un documentaire.

« Il faut que la nouvelle génération sache qui est Kwame Nkrumah ». C’est le nouveau challenge que s’impose le réalisateur Sanvi Panou. Bientôt, 80 printemps avec un demi-siècle de parcours dans le domaine culturel (musique, production, cinéma…), le réalisateur bénino-togolais n’est pas prêt à raccrocher. Tant qu’il reste à faire, il faut y aller. Telle semble la devise de Sanvi. Panafricaniste, il voudrait aussi révéler les pères fondateurs de ce mouvement de valorisation du continent noir à travers son art. Personnalité choisie : Kwame Nkrumah. Pour lui, l’ancien premier ministre et président de la République du Ghana, grand homme d’Etat, est un exemple de leader indépendantiste et panafricaniste à promouvoir. Quand il évoque ce grand homme noir, on peut s’apercevoir qu’il en est un disciple et un fanatique. Cependant, ce n’est pas seulement pour ces raisons qu’il veut orienter sa caméra sur la vie de cet illustre dirigeant. Il voudrait en effet l’immortaliser, l’offrir en exemple aux futures générations, quelque peu en perte de repères, afin que son exemple leur reste et leur serve de référence. Deux à trois ans de travaux seront alors indispensables pour conduire et finaliser un tel documentaire. Serait-ce la grande dernière qui signera la fin de carrière de Sanvi Panou ?
Difficile de le dire. Toutefois, ce qui est certain, c’est que le réalisateur semble prêt à relever encore bien de défis.
Cette pile d’informations sur son prochain projet au septième art, il les a révélées au cours d’une conférence de presse animée, il y a quelques jours, à son domicile à Cotonou. Il en a profité pour évoquer brièvement la situation des arts et de la culture sur le continent. Comme il fallait s’y attendre, le financement des films, les difficultés des producteurs et bien d’autres préoccupations ont fait l’objet de la causerie entre le réalisateur et les hommes des médias.

Toujours engagé pour les droits de l’homme

Toute la carrière de Sanvi Panou depuis plus de 50 ans a tourné autour des droits de l’homme. C’est un engagement ferme auquel il n’a jamais voulu déroger. Il en a fait son challenge. Mieux, il ressent le besoin de poursuivre ce combat qu’il voudrait éternel. Pour cet homme de cinéma (surtout) dont l’impressionnant parcours inspire plus d’un, c’est un combat personnel qu’il a décidé de conduire et chacune de ses œuvres, à défaut de faire la part belle, laisse une fenêtre ouverte à cette thématique. Et, comme s’il n’en a pas fait assez, Sanvi Panou à travers un clip réalisé et produit par ses soins, pousse encore loin son engagement. Cette œuvre, il la dédie entièrement à cette cause et voudrait qu’elle serve à sensibiliser ceux qui entravent la jouissance de ces droits.
« Je suis revenu sur la scène musicale parce que les droits de l’homme sont menacés »,
explique-t-il.

 

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