Le paysage littéraire s’est enrichi d’une nouvelle œuvre titrée Jeunes, Osez ! C’est le moment favorable et signée du père Rodrigue Gbédjinou. L’ouvrage sonne comme une interpellation des jeunes pour attirer leur attention sur l’impérieux devoir de prendre position dans le temps, de ne pas se laisser entraîner par les flots torrentiels des événements.

La jeunesse doit agir contre les événements et non les vivre stoïquement. C’est l’exhortation qui ressort de l’œuvre commise par le père Rodrigue Gbédjinou portant le titre à tonalité interpellative ou impérative: Jeunes, Osez ! C’est le moment favorable. Publié aux éditions IdS, le livre comporte 142 pages et est réparti en neuf chapitres encadrés par une introduction et une conclusion. 

L’auteur fait le constat que la jeunesse fait l’objet non seulement de flatterie mais aussi de manipulation sur fond d’instrumentalisation. Sur le plan politique, elle est réduite à un âge d'indigence et de manque et sert surtout à des fins électorales de quelques vieillards véreux qui les exploitent pour remplir les gradins aux heures de manifestations politiques. Dans cette situation, elle est perçue, voire pensée comme la masse fatalement désespérée jugée incapable de construire la cité où elle vit. L’auteur désigne le phénomène comme l’instauration d’une gérontocratie impitoyable. En réalité, il s’agit d’une injustice insoupçonnable. Car les jeunes représentent 70 % de la population béninoise et si l’on croise les statistiques sur le plan continental, on ne s’éloignerait pas de ce chiffre : 70 % des Africains sont jeunes.
Selon l’auteur, ce sont autant d’humains écartés ou qui s’écartent de la vraie existence pour survivre dans les bas-côtés de la vie, se contentant d’un quotidien sans éclat ni grandeur et de jours sans réels bonheurs. C’est donc à cette jeunesse instrumentalisée paradoxalement dans la vigueur de l’âge et qui subit les aspérités de son temps, que le père Rodrigue Gbédjinou invite à l’urgence de l’action.
Dans une approche comparative et pédagogique, l’auteur attire l’attention de la jeunesse sur une évidence partout ailleurs et en Afrique : ce sont les jeunes qui font le monde actuel, tant sur le plan politique qu’économique. Il part de l’exemple de l’actuel président français à celui de la maire de Rome en passant par le Premier ministre luxembourgeois, pour montrer comment des jeunes ont pu prendre ailleurs le destin de leur peuple en main. Cela suppose qu’on ait d’abord assumé son propre destin.
Autant qu’un impératif absolu, le verbe "oser" qui est une invite à une action immédiate, est aussi un appel à la réflexion?

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